Alignement désastre

Trop tranquille en ville cette nuit.

Faut dire que je me suis accroché les pieds icitte et avant de vraiment prendre la route. Mais quand même! J’aurais cru qu’avec la rentrée, y’aurait un peu plus d’action. Pas pantoute! Tant qu’à brûler du gaz à rouler allège, je m’installe sur le 74 au coin d’Atwater et Notre-Dame déterminé à venir à bout d’un sudoku. J’attends que les appels rentrent, mais rien. Le calme plat. Que dalle!

Je suis sur le point d’aller rouler un peu pour changer le mal de place quand arrivent derrière nous sur le stand, les agents du bureau du taxi de Montréal. Je vous épargne les détails de cuisine, mais règle générale, quand ils arrivent avec leurs « kodaks », ce n’est jamais une bonne nouvelle pour le propriétaire de l’auto. Y’a toujours un petit quelque chose qui cloche et quand tout semble correct, ils arrivent quand même à trouver de quoi. Dans ce cas-ci, la banquette arrière était mal ancrée… Un ticket pour le patron et moi je m’en sauve pour cette fois-ci. Mais je me le tiens pour dit.

Après leur départ, j’attends encore plusieurs minutes en vain. C’est long longtemps. Je suis sur le point de m’en aller quand le chauffeur devant moi décide de le faire. Je redémarre alors l’auto pour m’avancer sur le poste. Plus de jus! Quand les agents sont arrivés, j’avais tourné la clef de contact pour ouvrir les fenêtres et j’avais oublié de recouper l’allumage. Résultat, la batterie est morte. En fait, il reste juste assez de courant pour que j’entende sur la radio le numéro du poste où je me trouve.

J’appelle donc à la centrale pour qu’un confrère vienne me survolter. Évidemment, pendant que je l’attends, les clients se présentent à répétition. J’essaye de ne pas sauter les plombs. Le confrère en question me charge 20 $ pour l’opération. Je négocie pour 15$ en ayant l’impression que la soirée ne sera pas des plus lucratives. J’ai aussi l’impression que ça ne servira pas à grand-chose de m’obstiner plus à fond sur ce poste maudit. Près de deux heures à attendre pour moins que rien.

Le reste de la nuit a été à l’avenant.

Les planètes devaient être mal alignées… 😉

(…)

Encore heureux que l’ici et là du début de soirée m’ait fait croiser de sympa êtres humains. Ça paye pas le gaz, mais ça rééquilibre le tout…

Smells like teen spirit

Ils sont jeunes, ils sont soûls, les étudiants sont de retour en ville! La moyenne d’âge de mes clients était pas mal à la baisse ce week-end. Surtout l’âge mental. Fallait la voir cette belle jeunesse, pisser dans les vitrines, vomir sur les trottoirs, se vautrer dans les ruelles, se battre au sortir des bars. J’ai vu un petit groupe de « yo » en train d’arracher un arbre, un rockeux aux cheveux longs marcher sur des voitures stationnées, j’ai vu une blondasse « flasher » ses fausses boules aux passants sur Crescent. L’alcool coulait à flots et la stupidité était contagieuse.

Mais j’ai vu aussi des jeunes s’embrasser et s’étreindre aux intersections. J’ai vu des jeunes arriver en ville avec des rêves et des nouveaux projets plein la tête. De nouvelles vies s’offrent à eux. Je l’ai vu dans leurs sourires, je l’ai compris dans cette folie qui les animait ce week-end. Un grand carnaval avant de passer aux choses sérieuses. Un grand rite de passage.

Les étudiants sont de retour et ils apportent avec eux une sacrée dose d’énergie dont Montréal aura bien besoin avec ces journées qui partent en peau de chagrin.

Ils débarquent, déterminés à prendre la place qui leur revient.

Ça se sent !