Vive la SQ

Les samedis soirs ça roule. L’action commence tard, avant dix heures ça peut être long longtemps, mais quand ça part c’est non-stop jusqu’au petit matin. Pour rentabiliser l’affaire faut faire le plus de courses possibles. Un petit cinq minutes sauvé ici et là vaut une ou deux courses de plus à la fin. Faut être d’attaque et faire vite. Le best c’est de rester proche du centre-ville car la majorité des clients vont d’un bar et de l’autre. Quand les clubs ferment c’est la folie furieuse. Le festival des bras dans les airs. Faut pas que ça niaise. Quand un client te demande alors de l’amener sur la rive sud, ça fait chier des briques car c’est certain que tu reviens allège et tu perds quelques courses. Je sais que beaucoup de chauffeurs refusent les « 450 » pendant le rush mais c’est pas mon cas. Ça reste quand même une course respectable et la nuit tu peux clancher pour revenir. Donc samedi j’embarque ce type sur Ste-Catherine, un rockeux avec une coupe Longueuil qui voulait s’en retourner dans sa patrie capillaire. (Ouais je sais elle est un brin capilo-tractée celle là 😉 Faque à fond mon Léon. D’en avant des Foufs jusqu’au pont Jacques-Cartier en 5 minutes. Le gars est sul party et ça a vraiment pas l’air de le déranger la manière que je chauffe. Mais rendu sur le pont, ça jamme. La nuit, c’est toujours réduit à une voie et faut suivre à la file indienne. D’habitude ça avance quand même correct mais là y’a un espèce de touriste, 6, 7 chars en avant de moi qui roule à 30. Hmmm… Je fatigue, ça avance pas, pis j’me décide. Je déboîte sur la gauche et clanche la série de véhicule sur la voie où un gros X rouge flashe au dessus de nos têtes. En revenant dans la voie de droite, je dis à mon client : « On va profiter que la Sûreté du Québec soit en moyens de pression… » Pas le temps de finir ma phrase que je vois l’auto des flics qui m’attends dans la voie que je viens de quitter… Eh merde! Elle vient se mettre juste derrière moi et je ne suis pas gros dans mes culottes. Voie interdite, vitesse, pas de ceinture, je commence à calculer combien va me coûter mon incartade. Mon client toujours pas achalé, les regarde en faisant des byebyes. Ils m’ont suivis sur une couple de kilomètres. J’me disais qu’ils attendrait peut-être que je dépose mon soulon. Tu penses à plein d’affaires dans ce temps là mais jamais à ce qu’il te laisse aller…. OUF!! Je l’ai vraiment échappée belle là-dessus. Chus pas inquiet, les probabilités finiront bien par me rattraper mais en attendant :  » SO ! SO ! SO ! SOLIDARITÉ !  » Lâchez pas les gars ! je suis avec vous !! 😉

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iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Vous avez tous vécu ça. Vous êtes sur le coin d’une rue, il fait beau, c’est relaxe, le monde est cool, la vie est belle, pis là arrive un astie de tawoin avec un brake finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Tellement fort, tellement aigu que vous chercher des draperies pour grimper dedans. Un son qui vous fait grincer des plombages. Vous faîtes la même face que si vous veniez de croquer dans un citron passé date. Je le sais, tout le monde me regardait en grimaçant cette nuit. C’est pas que le taxi ne freinait pas bien mais y’avait un « squeak » sur un disque. J’pensais qu’y avait ienque les autobus de la ville qui atteignaient ce niveau strident. Assez intense. En général vous subissez cette aggression d’aigus que quelques minutes. Imaginez maintenant endurer ce son subtil pendant 10 heures… Faut être zen en tabarnaque. C’est pas mêlant, les chiens sur les trottoirs se mettaient à japper sur mon passage. J’étais rendu persona non gratta dans le Vieux-Montréal tellement j’faisais capoter les calèchiers. Stu un mot ça calèchier? Calèchier, calèchier, ça sonne drôle non? ;-D Anyway toute sonne drôle là. J’ai le nerf auditif tellement attaqué que j’pense que j’vais aller me coucher pis dormir sur mes deux oreilles. Bonne nuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit.
:: Leon 2005-08-26 06:34:0

Le Timing était pas Bon…

Ya des nuits ça roule, d’autres pas. Au garage les chauffeurs de jours disent que c’est à cause de la rentrée scolaire. Le gens dépensent pour les beubelles d’école pis y sortent moins parce qu’ils sont cassés. Ouain, pas si pire théorie, sauf que des fois, c’est juste le timing qui est pas bon. Par exemple ce soir je sors du garage et roule presqu’une heure sans embarquer. Je ne m’entête pas et me dirige vers le poste 64 au coin de la Montagne et Notre-Dame. J’aime bien ce stand parce que c’est central et en même temps tu peux couvrir la Pointe St-Charles un secteur que je connais bien. Il y a déjà un taxi mais deuxième sur le « gun » c’est quand même pas trop pire. Sauf qu’après une demi-heure, je suis encore deuxième et je commence à stresser un peu, pas mal. Le répartiteur annonce alors qu’il y’a un pick-up (client éventuel) au coin de Notre-Dame et de Des Seigneurs à une lumière de là. Premier rendu, premier servi. J’décolle du stand ienque su une gosse pour prendre la lumière avant qu’à change au rouge. J’viens pour tourner à gauche quand se présente face à moi une auto qui a décidé de passer lui aussi sua jaune. Ça a passé proche! Le monde chauffe tellement mal en ville qu’on fini par s’habituer. J’ai eu le réflexe de donner un coup de volant pour ramener le taxi parallèle à l’autre pour lui laisser la voie libre. Mais au lieu de continuer le connard s’arrête en plein milieu de l’intersection sua rouge pis il m’empêche de tourner. Je ne sais pas si c’est parce qu’il veut voir à quoi ressemble le gars qui vient de lui sauver un trip à l’urgence ou pour m’envoyer un char de marde. Comme je ne regarde pas dans sa direction c’est dur à dire. Mais j’pense que le char de marde serait plus logique 😉 Toujours est-il que mon petit rush d’adrénaline est vite anéanti quand je vois mon potentiel premier passager embarquer dans un autre taxi. Ça prends pas 30 secondes ensuite que le dispatch’ appelle le 64 ! C’est le taxi qui était derrière moi qui a eu l’appel !!! (…) Le timing était vraiment pas bon. D’habitude le lendemain ça va mieux. 😉

Beat de rue

Bientôt 13 ans que je tourne en rond dans cette ville. Je commence à en connaître pas mal les racoins, le beat des lumières, le sens des rues, les nids de poule dangereux, le nom des restaurants, des bars, des hotels et de certains camelots de nuit. Je retiens les dates des festivals, des congés fériés, des joutes de hockey puis des gros raves-partys. Je peux mettre des visages sur des adresses puis savoir à l’odeur si un client a bu, baisé ou fumé. Je connais les heures creuses quand aller manger ou carrément arrêter de rouler. Je sais trouver de la bière après les heures, où sont les prostitués. J’ai des numéros pour la dope, qui se roule ou pour sniffer. Je sais où les polices se cachent, où des junkies squattent. Je sais comment éviter les embrouilles et les embouteillages. Je sens quand un passager va me crosser, je sais quand il va vomir. Je devine quel genre de musique convient à un client, je sais fermer ma gueule et j’ai plein de sujets de discussions. De quoi voulez vous qu’on parle?

Retour au poste d’attente

À la demande générale, voici le retour des aventures noctambulo-déambulatoires de votre humble serviteur. Je recommence où ? Je ne suis pas chaud à l’idée de vous parler de température. J’pourrais vous faire une couple de paragraphes raffinés sur la flambée des prix de l’essence mais ça deviendrait vite gazant. J’pourrais aussi vous entretenir sur l’état du réseau routier montréalais mais j’en ai vraiment plein le dos… (Veuillez notez ici le point de suspension 😉 Quoi d’autre? J’ai bien quelques anecdotes juteuses à vous mettre dans l’oeil, mais j’ai décidé de ne rien presser. De laisser mûrir ça un peu. Je voulais surtout exprimer ma gratitude aux personnes qui m’ont aidé à passer ces derniers mois. Vos mots et vos gestes m’ont apporté beaucoup de réconfort. Merci beaucoup. Je veux aussi souligner l’immense courage de maman. Un exemple et une source d’inspiration. Ça force à continuer à avancer. Tranquillement pas vite… A+