Halloween

La fin de semaine de l’Halloween c’est du bonbon. Payant et distrayant. Pour l’occasion je me suis déguisé en chauffeur parlable 😉 J’ai eu droit à une faune des plus variées. Un gnôme puant la gnôle, une Vampirella à croquer, un ange déçu, un autre déchu, quelques sorcières dont certaines pas déguisées du tout. Une abeille m’a laissé une mi-aile sur la banquette arrière. une démone cokée m’a résumé sa vie en 15 minutes, un ectoplasme extasié m’a donné 10 piasses de tips. Au Corona, entre deux séances du Rocky Horror Picture Show, j’ai vu une douzaine de mecs en porte-jarretelles danser sur des voitures stationnées. Dans le village j’ai vu un pénis géant tomber en bas d’une chaîne de trottoir. J’ai déposé un Harry Potteux sur la brosse, Adam et Bourbonnière. J’ai vu un Superman vomir sur René Lévesque, j’ai déposé une femme folle sur Fullum, j’ai jasé de politique avec un gars en robe de mariée et de végétarisme avec une tigresse. (…)
Une belle grosse fin de semaine pleine de nananes et de sucreries. Ce soir, rendez-vous chez le dentiste…

Publicités

Rien à déclarer

Après avoir passé une grosse semaine sul dos avec une mauvaise grippe j’ai repris la route plein d’expectorations. J’filais sur la route mais pas trop pour jaser. J’suis pas du genre à entretenir une conversation si je sens que ça indiffère mon client mais cette semaine j’dois avouer que je n’ai rien fait pour satisfaire les besoins de communiquer de mes clients en manque de. N’empêche que s’abstenir d’échanger des banalités sur le temps qui fait et celui qui passe a aussi des adeptes et pas mal de clients ont semblé apprécier mon mutisme. Ça manque pas de charme parfois de se la fermer.

Saison Sacrée

« C’est pas un chauffeur de taxi qui va se plaindre de ça le mauvais temps!  » Je répète ça je ne sais combien de fois dans une soirée. En fait y’a plein d’affaires que je répète dans une veillée. Y’a les phrases « consacrées » comme :  » La soirée a été bonne? », que je préfère de loin à : « i fa beau », « i fa frette » et autres lieux communs atmosphériques; y’a : « Pouvez-vous me répétez votre adresse svp », incontournable en cas de trou-de-poule mnémonique; y’a le : « Vous avez rien de plus petit ? » quand les dix clients précédents t’ont payé avec des 20$ et y’a pour les clients de fin de nuit, le pratico-pratique : « As-tu besoin d’un sac ?  » 😉

Y’a ensuite les phrases « sacrées » qui ne s’adressent pas à mes passagers mais plutôt à ceux avec qui je partage la route. Ça va de « christ de tawoin » à « tabarnaque de crétin » à « hostie d’imbécile » et pleins d’autres variantes du même registre avec des degrés de véhémence adaptés aux circonstances auxquels se greffent parfois des gestes qui n’ont d’honorables que le nom qu’ils portent. Mais bon, si vous chauffez un char en ville vous voyez de quoi je cause…

Je ne sacrerai sûrement pas de voir l’été enfin s’en aller. Quand les clients me demandent de mettre le chauffage dans le taxi, je sais que notre belle saison est arrivée et au risque de me répéter : « C’est pas un chauffeur de taxi qui va se plaindre de ça le mauvais temps! « .