Soirée d’éclat

Hier pendant l’heure de pointe, la fourmilière s’est vidée. C’est l’image qui m’est venue en tête lorsque j’ai vu ces milliers et milliers de personnes envahir les rues suite à l’appel à la bombe dans le métro de Montréal.

Et il fallait les voir ces gens prendre nos chars d’assaut! Quel branle-bas de combat!

Chose sûre (mes hommages aux piétons), j’ai fait partie des rares qui ne chialaient pas hier soir. Un incident de la sorte, c’est la manne pour les chauffeurs de taxi. Pendant trois heures, un client n’attendait pas l’autre. Trois heures à entendre des doléances d’usagers frustrés et désemparés. Trois heures à voir des bras tendus bien hauts. Trois heures à voir des visages passant rapidement de la convoitise au regret.

Habituellement, c’est nous qui les avons ces visages.

Tout en rêvant de ces soirées qui sortent de l’ordinaire.

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Coeur à l’ouvrage

La tête encore pleine de boîtes à vider et d’affaires à mettre et à remettre en place, je reprends la route dans une ville palpitante de ses premières nuits d’été.

Malgré ses artères bouchées, le coeur de Montréal bat fort.

Je me coule dans ses veines, je l’observe battre, j’en saisis le pouls.

Les amours se terrassent aux quatre vents. Emplis d’odeurs hormonales, de parfums vertigineux.

Ça donne le tournis.

Ça donne envie de continuer…

Mes coups de coeur:

En fin d’après-midi un métis albertain qui marche sur une patte sortant du poste de police où il a passé la dernière nuit parce qu’il a fait la guerre à un agent de la paix. Me demande de l’amener au dépanneur le plus près d’où il ressort avec une douze. Après en avoir bu deux de suite, il me raconte ses déboires. Il s’est fait éclater une hanche dans un accident de marteau-piqueur et s’éclate avec l’argent de l’assurance. Il n’en manque pas quand il repart avec sa caisse de bière sous le bras pour reprendre où il a laissé dans le petit parc en avant de l’ancien Forum.

Une femme de Québec qui a sa fin de semaine de congé parental. Elle vient s’envoyer en l’air et n’en manque pas. Me drague sans vergogne et se renfrogne que je n’entre pas dans son jeu. Me vide son sac. Sa haine ivrogne d’un conjoint révolu. J’arrête le taxi pour qu’elle fasse le vide. Pas de dégât au bout du compte.

Un musicien en fin de nuit. Il sort d’un studio d’enregistrement. On jase de Montréal, de son potentiel créatif, de groupes, de genres, de musiques, de My Space, d’inspirations. Il me dit que le taxi de nuit doit être empli d’anecdotes pour écrire un livre. Même deux que je lui rétorque en lui filant un de mes signets. Il me dit qu’il vient justement d’écrire un texte sur un chauffeur de taxi de nuit. Je lui dis qu’il n’a pas de hasard.

Intermède

Quelque part entre le déménagement et l’aménagement, je me ménage un moment pour vous signaler que je suis encore là même si je ne suis plus au même endroit. Pour un chauffeur de taxi, ça en est presque un euphémisme, mais bon. Même le mal de dos a changé de place! C’est tout dire! Bref…

Entretemps, le volume deux continue de faire parler de lui. Il a eu droit à un bel article dans le Devoir et Jean-Luc Doumont du blogue Made in Québec lui rend un bel hommage.

Sinon, je ne vous oublie pas, les activités normales sur ce blogue vont reprendre de façon un peu plus assidue bientôt. Je signale aussi à tous ceux et celles qui m’écrivent que je vais me remettre à jour dans mes courriels bientôt, même si je dois avouer que j’ai encore bien d’autres boîtes à vider avant celle de réception… 😉

A+