Réveil-matin

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les perdants

Il ne se passe pas une nuit sans qu’on m’interroge sur l’incident qui s’est produit au coin de la Rue Rachel et Saint-Laurent où un chauffeur de taxi est passé sur un de ses assaillants. Même après tout ce temps, j’ai encore de la difficulté à me faire une idée sur ce drame.

 

En général, il n’y a rien qui est tout à fait noir ou tout à fait blanc. Dans cette histoire, on dirait bien que c’est le cas. Ce serait facile pour moi de juger par mon expérience. Mais il y a un détail de taille qui fausse mon jugement, c’est que je suis blanc de peau.

Je peux juste m’imaginer à quel point ça peut devenir lourd de supporter un racisme qui perd toute sa subtilité à la fermeture des bars. De devoir rouler nuit après nuit avec les commentaires ou juste les attitudes méprisantes d’une trop grande partie de la clientèle. Jusqu’à quel point un chauffeur peut-il en supporter?

Il faut aller bien au-delà des images qu’on a vues. Rendu là, le gros du drame s’était joué. On dit qu’à ce moment, le chauffeur avait déjà reçu un coup de poing à la figure par un des jeunes.

J’ai eu souvent à faire avec ce genre d’individus à la fermeture des bars. On peut imaginer qu’ils se sont fait refuser toutes leurs piteuses avances de la soirées et qu’ils sortent du club, frustrés et abrutis par trop de boisson. C’est déjà clair dans mon esprit que ces types sont éméchés, que la mèche est courte et qu’elle est imbibée d’alcool. Ça ne prend pas grand-chose pour les allumer.

Pourtant, en regardant les images, je m’interroge. Les jeunes sont déjà sortis du taxi. Pourquoi le chauffeur ne part pas illico vers le poste de police? On le voit faire un demi-tour sur l’intersection et c’est ensuite que ça dégénère. C’est à ce moment que l’histoire s’embrouille.Qu’espérait-il? Se faire payer? Le chauffeur aurait dû s’enfuir à ce moment. Il n’aurait pas aujourd’hui à assumer les conséquences de son geste.

L’histoire va suivre son cours, ou plutôt se poursuivre à la cour. Je ne suis pas encore sûr d’avoir une idée arrêtée. N’empêche qu’il y a une chose qui est claire dans ce drame. C’est qu’il n’y a pas de gagnant