iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Vous avez tous vécu ça. Vous êtes sur le coin d’une rue, il fait beau, c’est relaxe, le monde est cool, la vie est belle, pis là arrive un astie de tawoin avec un brake finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Tellement fort, tellement aigu que vous chercher des draperies pour grimper dedans. Un son qui vous fait grincer des plombages. Vous faîtes la même face que si vous veniez de croquer dans un citron passé date. Je le sais, tout le monde me regardait en grimaçant cette nuit. C’est pas que le taxi ne freinait pas bien mais y’avait un « squeak » sur un disque. J’pensais qu’y avait ienque les autobus de la ville qui atteignaient ce niveau strident. Assez intense. En général vous subissez cette aggression d’aigus que quelques minutes. Imaginez maintenant endurer ce son subtil pendant 10 heures… Faut être zen en tabarnaque. C’est pas mêlant, les chiens sur les trottoirs se mettaient à japper sur mon passage. J’étais rendu persona non gratta dans le Vieux-Montréal tellement j’faisais capoter les calèchiers. Stu un mot ça calèchier? Calèchier, calèchier, ça sonne drôle non? ;-D Anyway toute sonne drôle là. J’ai le nerf auditif tellement attaqué que j’pense que j’vais aller me coucher pis dormir sur mes deux oreilles. Bonne nuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit.
:: Leon 2005-08-26 06:34:0

Le Timing était pas Bon…

Ya des nuits ça roule, d’autres pas. Au garage les chauffeurs de jours disent que c’est à cause de la rentrée scolaire. Le gens dépensent pour les beubelles d’école pis y sortent moins parce qu’ils sont cassés. Ouain, pas si pire théorie, sauf que des fois, c’est juste le timing qui est pas bon. Par exemple ce soir je sors du garage et roule presqu’une heure sans embarquer. Je ne m’entête pas et me dirige vers le poste 64 au coin de la Montagne et Notre-Dame. J’aime bien ce stand parce que c’est central et en même temps tu peux couvrir la Pointe St-Charles un secteur que je connais bien. Il y a déjà un taxi mais deuxième sur le « gun » c’est quand même pas trop pire. Sauf qu’après une demi-heure, je suis encore deuxième et je commence à stresser un peu, pas mal. Le répartiteur annonce alors qu’il y’a un pick-up (client éventuel) au coin de Notre-Dame et de Des Seigneurs à une lumière de là. Premier rendu, premier servi. J’décolle du stand ienque su une gosse pour prendre la lumière avant qu’à change au rouge. J’viens pour tourner à gauche quand se présente face à moi une auto qui a décidé de passer lui aussi sua jaune. Ça a passé proche! Le monde chauffe tellement mal en ville qu’on fini par s’habituer. J’ai eu le réflexe de donner un coup de volant pour ramener le taxi parallèle à l’autre pour lui laisser la voie libre. Mais au lieu de continuer le connard s’arrête en plein milieu de l’intersection sua rouge pis il m’empêche de tourner. Je ne sais pas si c’est parce qu’il veut voir à quoi ressemble le gars qui vient de lui sauver un trip à l’urgence ou pour m’envoyer un char de marde. Comme je ne regarde pas dans sa direction c’est dur à dire. Mais j’pense que le char de marde serait plus logique 😉 Toujours est-il que mon petit rush d’adrénaline est vite anéanti quand je vois mon potentiel premier passager embarquer dans un autre taxi. Ça prends pas 30 secondes ensuite que le dispatch’ appelle le 64 ! C’est le taxi qui était derrière moi qui a eu l’appel !!! (…) Le timing était vraiment pas bon. D’habitude le lendemain ça va mieux. 😉

Beat de rue

Bientôt 13 ans que je tourne en rond dans cette ville. Je commence à en connaître pas mal les racoins, le beat des lumières, le sens des rues, les nids de poule dangereux, le nom des restaurants, des bars, des hotels et de certains camelots de nuit. Je retiens les dates des festivals, des congés fériés, des joutes de hockey puis des gros raves-partys. Je peux mettre des visages sur des adresses puis savoir à l’odeur si un client a bu, baisé ou fumé. Je connais les heures creuses quand aller manger ou carrément arrêter de rouler. Je sais trouver de la bière après les heures, où sont les prostitués. J’ai des numéros pour la dope, qui se roule ou pour sniffer. Je sais où les polices se cachent, où des junkies squattent. Je sais comment éviter les embrouilles et les embouteillages. Je sens quand un passager va me crosser, je sais quand il va vomir. Je devine quel genre de musique convient à un client, je sais fermer ma gueule et j’ai plein de sujets de discussions. De quoi voulez vous qu’on parle?

Retour au poste d’attente

À la demande générale, voici le retour des aventures noctambulo-déambulatoires de votre humble serviteur. Je recommence où ? Je ne suis pas chaud à l’idée de vous parler de température. J’pourrais vous faire une couple de paragraphes raffinés sur la flambée des prix de l’essence mais ça deviendrait vite gazant. J’pourrais aussi vous entretenir sur l’état du réseau routier montréalais mais j’en ai vraiment plein le dos… (Veuillez notez ici le point de suspension 😉 Quoi d’autre? J’ai bien quelques anecdotes juteuses à vous mettre dans l’oeil, mais j’ai décidé de ne rien presser. De laisser mûrir ça un peu. Je voulais surtout exprimer ma gratitude aux personnes qui m’ont aidé à passer ces derniers mois. Vos mots et vos gestes m’ont apporté beaucoup de réconfort. Merci beaucoup. Je veux aussi souligner l’immense courage de maman. Un exemple et une source d’inspiration. Ça force à continuer à avancer. Tranquillement pas vite… A+

Sous-zéro de conduite

Heure de pointe. Vendredi. Tempête de neige. Pleine lune, premier du mois.. J’vais prendre le métro. Mes tires de bike sont trop usés pour rouler dans neige. Je vais chercher l’taxi au garage. J’remplis le container de windshield washer et accroche un sapin-sent-bon au rétroviseur à odeur de bleuet que c’est marqué, mais ça sent plutôt les Sweet-Tarts, un genre de bonbon surette que j’achetais quand j’était ptit. J’met mon pocket à sa place derrière ma tête pis rince le moteur une couple de fois. J’espère qui m’ont changé mes brakes, christ j’ai pas l’goût d’me tuer à soir! C’est dégueulasse. La belle grosse sloche bin brune, bin épaisse comme la sauce à poutine frette du Rapido! Pas marchable!! Good !! Les employées de bureaux prévilégiant le port du talon haut comprennent leur malheur. Ça tombe à gros flocons bien lourd yé cinq heure Montréal se gonfle et va se vider par tout les trous!! Tout l’monde veut arriver avant tout le monde. Une longueur de char perdue peut déclancher une bagarre. Cinq heure d’attente pour Le CAA. La guerre d’la rue est commencée. Par dessus l’traffic de mongol de chaque vendredi soir, s’ajoute les déneigeuses, les trucks de vidangges du vendredi soir, les touriste d’l’Ontario ou du Mass. qui ont eu la brillante idée de prendre leur vendredi pour visiter du pays, boire de la bière tard ou aller jouer au Casino.. Y’a ceux qui ont pas encore mis leurs pneus d’hiver, ya les accidents, les chars qui partent pas, ceux qui spinnent dins côtes. Au coin de Peel et de René. Gros accident! Intersection fermée. Ça adonne mal y’a du hockey. Les Canadiens contre les Bruins. Ah c’est ça les chars du Mass. ! Entre Henri-Bourassa puis Côte-Vertue la ligne orange du métro est en panne à cause d’un incident à la station Place St-Henri. J’imagine ça sua fronte du journal de monrial de demain :Suicide d’un bogué de l’an 2000. Au suivant. L’Acadie pis l’métropolitain, carambolage monstre une vingtaine de voitures impliquées, les caméras de surveillance tchèquent le buzz. Les remorqueuses compensent pour les mois plus creux. Nous autres aussi. Une mono vas chercher son ptit à la garderie. Une ptite vieille dépense son chèque de BS à la brasserie. Est pas tout seule, les 5 à 8 à 9 à 10 sont pleins à craquer les centres d’achats pareil. La neige dins décorations c’est tellement beau. Faut qu’je secoue mes wippers à chaque 10 minutes. Un fendant qui pense connaître un meilleur chemin…Les concours de tirage au cable à booster. Sur-volter c’est plusse le mot mais boosté ça sonne mieux. Pourquoi l’monde s’entête à v’nir en ville en char? J’refuse un Dorval le gars m’envoie m’auto-baiser puis mes wippers sont encores jammés. Une bronzée artificielle me pompe l’air sur le fait que je devrais stopper mon taximètre. Désolé ma belle moi j’laisse rouler à prendre ou à laisser. Île des Sœurs un ptit boss bin fier d’avoir laissé sa bm dans l’garage. Le pont Jacques Cartier refoule jusqu’à Rachel. Un 4X4 vient d’en splasher une dizaine au coin d’Atwater puis de Tupper. Plus loin la carcasse de l’ancien Forum est surréaliste dans la neige. C’est à croire que ses anciens fantômes se tiennent encore en périphérie. J’dis à mon client, un vietnamien qui parle pas le français et qui doit se demander c’est quoi le hockey ; « J’t’aurais mis ça à terre moé. Pis j’taurais faite un beau parc. Avec dans l’centre le spot où Maurice serait enterré, pis tout autour un rink de glace ou l’monde viendrait patiner le soir sous les spots comme à soirs là ça serait ti pas beau à votre goût ça? Il débarque à Nouilles Seulement un peu plus loin. J’profite qu’il y ait une place pour parquer pour aller me chercher un café corsé au Second Cup. La file est longue j’observe les étudiants en rush de fin de session qui carburent à la caféine et au bruit. J’refuse un autre Dorval ! Hors de question que j’perde plus d’une heure pour l’aller-retour. La panne est rétablie dans l’métro. Un confrère remplit un constat amiable avec un char loué. Une gang de fille en robes chics et ptits souliers friment un max sur Crescent préludes à des partys de bureaux trépidents! Une Renaud Cinq dérappe sur une lumière et fauche 2 piétons. L’un a le visage écrabouillé, l’autre se pique une névrose euphorique et pousse des farces de blondes aux ambulanciers. Le chauffeur va aller souffler la baloune, Les fêtes vont être longue pas de char pis ça sua conscience. Ça tempête de plus en plus fort. Yé 7 heures pis les ponts sont encore bouchés. La game va commencé l’épaule de Saiku, l’aine de Brunet, l’jarret d’Hackett et la haine du peuple. Le tigre Bergeron peut bin s’énerver sul cas d’Ribeiro à la radio. Y’a encore bin du monde qui vont être en retard a soir. Sul métropolitain bilan du carambolage: 4 morts. Plus celui dans le métro pis l’autre de la Renaud Cinq pis la nuit ne fait que commencer… Montréal l’hiver c’est du sport. Jouer prudemment.

Ceci était un vieux texte de récup’ pour alimenter un blog sur la glace.

Voyage au bout de la vie

Coup du sort ou du destin, le 2 février dernier papa est décédé. J’m’en remetterai probablement pas. 63 ans ! Trop jeune merde ! Ça a presqu’aucun bon sang. Le pauvre a travaillé toute sa vie comme un acharné et il n’a pas pu profiter d’une retraite trop bien méritée. Je m’en remetterai probablement pas. C’est d’un lit de l’urgence psy de Douglass que j’ai écrit ces lignes. Trop de stress, de détresse, de fatigue accumulée. Voulu en prendre trop sur mes épaules. Voulu chausser trop vite ses bottes de travail. Fallait que je trouve un refuge pour assimiler tout ça. C’était pas la joie, pas l’enfer non plus. Fallait que ça passe avant que ça casse. Maintenant ça va un peu mieux mais je ne louerai pas de taxi avant quelques semaines. Le temps de laisser au temps faire son travail. Je m’en remetterai probablement jamais mais la vie va continuer de rouler et avant longtemps je reprendrai la route et ce blog.

Pour Papa

Y’a des départs qui sont plus pénibles que d’autres à accepter.
Ce serait normal aujourd’hui d’éprouver de la colère et de la révolte.
Mais ce ne sont pas des sentiments qui animait papa.
Ça a toujours été un homme juste et bon qui nous a appris à respecter son prochain et à pardonner.
C’était un homme doux, fidèle et dévoué qui s’abandonnait pour les autres.
Papa a toujours été d’une patience infinie envers nous et les êtres qu’il côtoyait.
Un homme fier et honnête qui s’accomplissait dans le travail bien fait.
Le connaissant, il doit déjà être en train de bâtir la maison ou on va aller le rejoindre.
Une belle grande maison à son image.
Pleine de chaleur, pleine de douceurs et pleine d’amour.

Adieu papa. On t’oublieras jamais. Je t’aime.

Témoignage lu pendant les funérailles 5 février 05.

Voyage dans le sud

Jeudi, une stupéfiante métisse aux yeux océan est monté dans mon taxi. On a échangé sur ceux qui chialent contre le froid et décidé de ne pas se joindre à eux avant la fin février. Une conversation banale d’une complicité à faire crochir les atomes. Cette nuit elle m’a rappellé pour que je la reconduise chez elle. Un voyage dans la chaleurs des îles. D’une beauté à en perdre la voie.

2 temps

J’me lève en retard, mal dormi, rêves d’hôpitaux (Papa se faisait opérer cette semaine), pas le temps de me raser, plus de café, me fait un bol de céréales, le lait est tourné. La loi de Murphy fait son oeuvre. Je cours pour attraper le métro, les portes me ferment dans la face. Au garage, le chauffeur de jour est en retard. J’essaie difficilement de garder mon calme. Ça va être de même toute la soirée. J’évite deux, trois accrochages, c’est vendredi les 450 se « promènent » en ville, j’ai la mêche courte et fais la gueule à mes clients qui me le rendent bien en me donnant des pourboires de merde. Avant de devenir complètement dingue, je décide d’arrêter, reviens à l’appart et m’offre une sieste d’une bonne heure. Et demi…

Une fois debout, je vais me chercher un double allongé. Sonne alors mon fido. Mister Graham. Plusieurs fois par mois je l’amène à Lasalle. Lui m’amènes dans sa Jamaïque natale. Il me raconte des histoires avec un parlé sans pareil. Éminemment sympa. Ensuite ça a coulé jusqu’à l’aube. Bonnes courses, bons clients, bons pourboires, bonnes vibes.

Bonne nuit.

Frédérick

Ce que j’aime de mon job c’est qu’il me permets de m’adonner à mon petit vice pendant les heures de travail, la lecture. Entre les courses je m’installe sur un poste d’attente et enfile les pages. Un oeil sur le livre un autre sur la rue, une oreille avec le répartiteur, l’autre avec le Jazz du 91.9. Aujoutez la dessus un café corsé, le prochain client peut se faire attendre, j’me fais pas chier. Je lis de tout mais j’avoue une préférence pour le roman noir. La nuit, le noir…Vous voyez le concept? 😉

Y’a deux ans et demi sur la liste de diffusion du site Mauvais Genres où je dégotte mes idées de lecture, y’a un écrivain lyonnnais qui annonce sa venue à Montréal dans le cadre d’une résidence d’auteur. Je lui propose alors en échange de ses bouquins, un tour de ville. Depuis on garde le contact et la semaine dernière je recevais son dernier ouvrage. Un charmant petit recueil de poésie portant le titre d’ Angiomes. L’écrivain s’appelle Frédérick Houdaer il est très sympa et je suis convaincu qu’il ne m’en voudra pas de glisser ici un de ses poèmes:

Montréal

fumées aux volutes tolérées par le froid
oiseaux qui cherchent une banquise pour disparaître
oiseaux aux mille yeux
le premier qui voit le fleuve geler
pousse un cri pour avertir les autres
ils ont tous cru que les gratte-cieux
reflètaient le St-Laurent pris par la glace
résultat
une belle lumière pour écrire
dans ce royaume de l’égalité à tout craint
les immeubles ne sont pas égaux
il y a des géants et des nains
portant de drôles de chapeaux
ou des semelles de béton

Un taxi venu du froid

Un taxi venu du froid
Moins 25 degré presque toute la fin de semaine. J’ai été tellement occupé que j’ai même pas eut le temps de lire. J’aime ça des journées froides. Les clients sont presque contents d’embarquer dans ton char. Je mets la chaufrette dans le tapis, je parle de température pis je fais ça vite parce que la demande est forte. C’est pas un chauffeur de taxi qui va se pleindre de ça le froid. J’arrête pas de répéter cette phrase a longueur de nuit. J’aime pas l’hiver plus qu’un autre mais c’est la saison la plus rentable pour nous faque I can’t complain. Que je répète bilingue encore and again, nuits après nights à chaque costumers. Anyways j’commencerai pas à parler de température icitte. If you know wadda mean. J’ai un 36 heures bien cogné dans le dos. J’vais aller m’assoir su du mou. 😉 J’me tape deux nuits off. A+