Punk et Poque

Hier vers 3 heures 30, je suis au coin de Mont-Royal et de Saint-Laurent direction ouest avec un client que je viens d’embarquer. Ma lumière est sur le point de changer et je commence à avancer. Y’a un punk plus très jeune qui arrive alors sur ma gauche, il prends son élan et donne un grand coup de pied dans la portière arrière ! Je sais que vous vous dites que les maudits chauffeurs de taxi sont dangeureux pour les piétons, qu’ils chauffent en malades et ne respectent rien. Oui, mais cette fois-ci je vous jure que le pied était à un mètre de l’auto. Mon client a lâché un ouate de phoque! J’ai arrêté le taxi pour voir l’étendue des dommages. Une bonne poque de la grosseur d’une Doc. Mon client veux pas que je stoppe mais j’ai des comptes à rendre au propriétaire du cab. Je lui demande ce qu’il me doit et lui dis d’en prendre un autre. Arrive alors sur l’autre coin, une Caravan blanche et bleue de beu. Bon timing, l’agent se pointe juste à temps pour que mon passager lui donne la version des faits. J’dis à la police que le botteur monte St-Laurent à pied et qu’il ne doit pas être très loin. On le retrouve juste en haut de Villeneuve. J’aurai aimé avoir un apppareil pour vous montrer la face qu’il m’a fait quand il m’a vu retontir. Finalement j’ai pas voulu mettre de l’huile sur le fou. Après 15 minutes de perte de temps à écouter le pauvre diable ennivré patauger dans la sloche, j’ai dis aux polices (un autre char s’étant pointé sur les entrefaites) que j’voulais pas porter plainte. Ce vieux punk m’en rappelait trop un autre… Anyway pour une poque, c’est quoi le but?

Folies sur glace

Petite neige folle cette nuit c’est glissant faut redoubler d’attention. C’est pas mal plus fatiguant mais je deteste pas ça. D’abord les courses sont un peu plus payantes mais j’aime surtout ça parce que ça change de la routine. Mon boss me loue toujours le même taxi faque je connais bien comment il réagit sur la glace et je m’amuse à faire des dérapages contrôlés. Toujours utile quand l’auto dérape « pour vrai ». 😉 Jeux de braquages et contre-braquages. Faut jouer du frein le moins possible. Le vrai truc c’est de jouer avec l’accélérateur. Comme dirait l’autre, je pompe le gaz… Ça a toujours son petit effet quand chus en train de jaser avec un client et que je tourne dans une rue en dérapant. Je fais mon show-off sans que ça paraîsse trop. Donne un grand coup de volant en donnant des petits coups de gaz, récupère l’auto dans sa ligne tout en continuant de jaser. Les clients pour leur part gardent souvent le silence pendant la manoeuvre. Parfois je les sens un peu freaker. J’fais toujours comme si de rien n’était, je fais mon smatte 😉 Je dose quand même mes effets quand j’ai du monde à bord. C’est bien entendu que je mettrerais pas la sécurité de mes passagers en danger. A moins qu’on insiste… Ya quelques années dans des conditions semblables j’ai à bord cinq amerloques émmêchés qui sortent d’un bar de danseuses et que je ramène à l’hotel Delta sur Président Kennedy. Les gars sont sur le party et ont du fun. J’arrive devant l’hotel sur le côté opposé de la rue. Comme de chaque côté il n’y a pas d’auto de stationnée je donne un bon coup de gaz, fait un 180 degré et arrête le cab juste devant l’entrée du Delta. C’est alors l’euphorie dans le taxi, les gars en veulent encore… « No problem » J’leur en ai mis plein la gueule avec trois 360 !! Un 1080 degrés sur Président Kennedy 😉 J’ai eu droit à des applaudissements, des tapes dans le dos et un sacré gros pourboire. Encore chanceux que la police ne passait pas par là pour me voir « blower mes donuts » ;-)))))
:: Leon 2005-01-20 05:13:3

Gelé Dur

Fa frette cette nuite. Le monde sorte pas dans ce temps-là. 10 heures de route, pas tout à fait 50$ clair dins poches… Pas fort la tonne. Même pas le salaire minimum à se casser le dos dans un taxi loué trop cher pour ce qu’il vaut. Des shocks finis dans des rues finies avec souvent des clients tout aussi finis dans des fins de nuits qui n’en finissent plus de ne pas finir. A quelle heure se lève donc le soleil viarge ! Heureusement ya des extras. Cette nuit de Ville-Émard au centre-ville je discute de tout et de rien avec un client sympa qui me propose de me payer soit en pot soit en hasch. J’ai pas l’habitude de me faire tordre le bras sur ce genre de proposition mais comme j’ai pas bossé depuis le début de l’année, j’ai besoin de liquide et refuse son offre tout en continuant la jase sur les vertues du THC en général. D’accord pour me payer la course cash, mon client m’offre quand même comme pourboire une bite qui doit bien faire 2 grammes! –  » Eille man, un chunk de même ça vaut le prix de la course ! Laisses faire l’argent, c’est beau de même.  » Mais lui ne le prends pas ainsi et me donne un autre bite aussi grosse que la première… – « Ça c’est un autre sorte, tu vas voir il est un peu plus méchant  » –  » Le genre qu’on aime  » –  » ‘xactement.  » Avant qu’il ne sorte il me donne deux cocottes de pot, une d’hydropo, une de terre. Cybole on dirait que je viens de flauber 30 Euros dans un coffee-shop d’Amsterdam ! Mais s’t’encore mieux gratuit à Montréal dans un taxi de nuit.