J’ai mis mes pinceaux et mes rouleaux dans le congélateur et je suis retourné à mes nids-de-poule. Ça a beau être zen la peinture là, mais y’a toujours ben des limites à inhaler de ce produit la tête dans les armoires de cuisine. Je suis loin d’avoir fini mais je n’ai plus le coeur à ça et ma coloc hésite sur les couleurs faque je la laisse méditer la-dessus et je reprends la route.
Sur le chemin entre le métro et le garage, j’ai rempli mes petits yeux de ce magnifique vert tendre qui est apparu pendant cette semaine que j’ai passé dans le blanc et c’est presque guilleret que je suis arrivé au garage où mon boss m’attendait avec son air bête habituel. En fait il fait surtout la gueule parce que des semaines off, il ne peut pas s’en permettre. Il a beau être plein aux as avec ses trente permis de taxis, il ne peut s’éloigner du garage sans capoter. Tellement control-freak qu’il en vient à ne plus avoir de vie. Chacun ses choix.
J’ai l’impression que je n’ai pas fini de me taper les états d’âmes de mon boss car j’ai bien l’intention de m’en prendre plus régulièrement des semaines de relâche. Avec le beau temps qui revient, je ne vois pas pourquoi je me ferais chier dans une ville qui se transforme en gros parking. Festivals, ventes trottoirs, travaux ou juste un hostie de moron grimpé au dessus d’un pont (…) , suffit pas de grand chose pour que Montréal se transforme en bouchon. Hier la ville aurait eu besoin d’un « pontage » pour débloquer ses artères…
N’empêche que ça m’étonne toujours un peu de constater que je suis encore après toutes ces années amoureux de ma job. L’heure de pointe d’hier a duré jusqu’à 8 heures, les clients se sont faits rares et les bonnes courses idem. Mais j’étais tout de même content de renouer avec ma ville et d’en tâter le pouls.
