Un incendie la nuit

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Je passe la soirée au Salon…

Je serai aujourd’hui au Salon du Livre de Montréal. Tout d’abord à 18 heures, je participerai à une discussion sur la grande place en compagnie des auteurs Patrick Sénécal (A-t-il vraiment besoin de présentation?) et Kyle MacDonald (si je vous dis : Trombone Rouge?) sur le thème : Le livre et le web, des alliés ou des ennemis? Ça promet…

Ensuite, je serai au stand du Septentrion (#112) pour dédicacer mes deux tomes jusqu’à 20 heures. Venez me voir, ça me fera plaisir!

Avez-vous une seconde?

Toute personne qui est le moindrement concernée par le sort de notre planète devrait prendre un peu de son temps pour agir. Ne serait-ce qu’une seconde. Je fais partie de ces 60 blogueurs et blogueuses qui ont uni leurs tics pour la cause. Je vous invite à visiter le site de Dominic Arpin. En tant qu’organisateur de cette minute unique, il vous expliquera mieux que moi les tenants et aboutissants de ce projet. D’ailleurs, je prends une seconde pour le remercier ainsi qu’à tous les artisans et participants.

Être au parfum

Je prends l’air en attendant mon chauffeur de jour qui est encore en retard. Installé devant les portes du garage, j’observe le nouveau mécanicien qui s’affaire d’un taxi à l’autre. Bien qu’on annonce du temps doux pour les prochains jours, il fait plutôt froid pour le moment et je suis content de voir mon taxi enfin arriver. Mon confrère haïtien prend tous ses trucs et il déguerpit rapidement sans même nous saluer. Je reste avec le mécano pendant qu’il verse de l’huile essentielle au véhicule, je lui donne quelques dollars de pourboire et je vais prendre place à bord du Malibu pour une nuit qui sera bonne, je le sens.

J’ai à peine le temps de refermer la portière que déjà mes sens se dérèglent. L’habitacle du taxi est envahi par un nuage odoriférant qui me fait friser les poils de narines. J’ai l’impression que je viens de plonger dans une bouteille de parfum. Un petit sapin sent-bon à la puissance dix. C’est infect. J’ouvre toutes les fenêtres du taxi et démarre en me disant qu’une bonne aération va venir à bout de ce déversement toxique, mais après quelques minutes, l’odeur reste intacte et je commence à avoir sérieusement froid et sérieusement mal à la tête. La nuit sera longue, je le sens.

Ça me démange de retourner au garage pour mettre le patron au parfum, pour tenter de changer de taxi, pour confronter mon chauffeur de jour dont je devine maintenant les raisons de s’être rapidement volatilisé. Je me doute bien que ça ne devait pas être de mauvaise foi de sa part, mais c’est moi qui me retrouve avec les conséquences. Je le vois bien dans l’attitude de mes premiers passagers que l’atmosphère n’est pas idéal. J’essaie de faire des farces et même des jeux de mots, mais les maux de tête prennent le dessus, ce n’est pas drôle.

Au fil de la nuit, je vais lentement m’habituer à l’odeur et au rôle du chauffeur mal engueulé qui patauge dans de la mauvaise eau de Cologne. Je tente également de ne pas trop prendre personnel les silences, les vitres qui s’ouvrent un peu plus, les gloussements et les petits toussotements polis. Je continue de faire ma job comme si de rien n’était et tente de me convaincre qu’après tout, l’argent n’a pas d’odeur.

Le mutant

Le type sort de l’hôpital et me demande si je peux le reconduire à l’autre bout de la ville pour 25 $. La nuit tire à sa fin et ce qu’il me propose me convient. Blagueur, je lui demande s’il a attrapé le fameux virus et s’il a profité de son passage à l’urgence pour se faire vacciner.

— Monsieur faut surtout pas se faire vacciner! C’est très dangereux ce vaccin-là!

Le ton de mon « Ah bon? » l’enjoint de pousser un peu plus loin son affirmation.

— Avez-vous déjà entendu parler de 2012, du calendrier maya et de l’alignement planétaire qui est prévu?

Je me demande c’est quoi le rapport et mon « Euh! » dubitatif est amplement suffisant pour qu’il poursuive sur sa lancée. Alors que je me dirige vers l’autoroute, l’homme s’engage dans la voix rapide et donne un tout nouveau sens au terme verbomoteur.

Il va me dévoiler les secrets que le Nouvel Ordre Mondial ne veut pas que je sache. Il va me confier que l’alignement des astres ne va pas seulement influer sur le cours du Soleil et de la Terre, mais que ça va réveiller des gènes dormeurs qui vont faire évoluer l’Homme à un autre niveau. Et que le vaccin contre le H1N1 n’est en somme qu’un antidote à cette mutation. Il va me parler d’hémisphère droit, de voyage astral, de David Icke et d’extraterrestres. Il va tenter de m’expliquer c’est quoi des plasmides pis pourquoi le prix du gaz est contrôlé par ces mêmes obscures autorités secrètes qui oeuvrent dans l’ombre. Il va me dire qu’il se trouvait à l’hôpital suite à un empoisonnement alimentaire. C’est bizarre j’aurais parié sur un problème d’ordre psychiatrique.

Pendant tout le long de la course, il m’abreuve de concepts conspirationistes et ésotériques tous plus farfelus les uns que les autres. Mais le type étaye ses thèses avec tant de conviction et de détails, que je ne peux faire autrement qu’être fasciné par ses propos. Plus d’une demi-heure plus tard, l’homme n’a toujours pas repris son souffle alors que nous arrivons devant son adresse. Il continue de m’assaillir et de me prévenir sur tout ce qui s’en vient sur le sort de l’humanité.

Rassuré, amusé et amplement diverti, je suis revenu vers la ville en me disant que des clients comme lui, j’en prendrais volontiers toutes les nuits.