Tenir le coup

La soirée débute bien avec un homme d’affaires qui veut que je le conduise à Dorval. Au retour, j’embarque un autre qui porte aussi bien la cravate vers un cinq à sept. Une hindoue sortant de l’épicerie avec des dizaines de sacs et une vamp trop maquillée parfument tour à tour l’habitacle du taxi. Un type écoutant du Drum & Bass dans son casque m’amène à LaSalle. Je reviens vers le centre-ville avec un latino qui me parle d’Halak. Un homme du Wyoming me parle ensuite avec fierté de son fils étudiant à McGill et encore quelques autres qui me parlent de température pour passer le temps.

Les clients se succèdent à bon rythme et me font presque oublier cette autre semaine difficile. Il y a même un soir que je n’ai pas fait un sou. Un de ces soirs où les remises en questions et les envies de tout crisser là font le tour de la ville. On tient le coup en se disant que le lendemain :

Quatre jolies femmes vont me taquiner jusqu’au restaurant où je les amène. Un vieil homme va me parler de poésie et de bons vins. Un couple va hésiter pendant quelques coins de rue, chez lui ou chez elle? Une bande d’amis, plein de rires et de rêves vont me demander de les conduire au fin fond de la Rive-Sud. Un pilier de bar heureux va me donner trop de pourboire. Une serveuse au regard doux va me raconter sa soirée et me demander comment a été la mienne.

Ça aura valu le coup, de le tenir…

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Bonne fête Yulblog!


Contrairement à ce que disait l’autre, il n’y a pas qu’à Winnipeg que les nuits sont longues… Avant d’aller reposer mon corps fatigué, je m’en voudrais de ne pas souligner la grande fête du 10e anniversaire du Yulblog qui aura lieu demain. Déjà 10 ans de rencontres de blogueurs montréalais. 10 ans de souvenirs et de péripéties diverses! Oh qu’on va en entendre des affaires mes amis! 😉

Ça se passe à la salle des Brasseurs RJ au 5585 rue de La Roche. Pour ceux qui suivent ce blogue depuis quelques années, c’est à cet endroit qu’a eu lieu le lancement du premier tome d’UTLN. Souvenirs, souvenirs…

It’s a rendez-vous!

Temps durs

T’endures les longues heures sur la route
T’endures de tourner encore et toujours en rond
T’endures la solitude, l’ennui et le doute
T’endures le temps perdu, tu cherches une raison

T’endures les taxis qui volent tes appels
T’endures ces ordures, taxi-poubelles
T’endures la méfiance généralisée
T’endures cette sale ambiance gangrenée
T’endures la voix stridente de la répartitrice
T’endures les rues couvertes de cicatrices
T’endures les kilomètres que t’as dans le dos
T’endures la grisaille d’une ville qui se couche tôt

T’endures cet hiver clément et sans neige
T’endures le temps doux
T’endures mais tu sens que ça se désagrège
T’endures pour ne pas devenir fou

T’endures et tu tempères
T’en perds la patience et tu t’endurcis
T’endures et tu espères qu’un temps meilleur reviendra dans ton taxi