Les élections vues d’un taxi

À la veille des élections municipales, Chloé Sondervorst de CIBL a demandé à quelques chauffeurs de taxi de se prononcer sur la campagne. Un reportage qui vous intéressera sans doute.

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Ma nouvelle

Je suis en retard, j’ai la barbe pas faite et je cherche des bas propres, mais je ne pouvais pas partir au garage sans vous prévenir que ma nouvelle Léo de la Main est maintenant en ligne sur Cyberpresse. J’espère que vous l’apprécierez… Bon où c’est que j’ai mis ces maudits bas? Chérie!! Est-ce que t’as vu mon rasoir?

Passer au travers

Difficile de prendre ça mou quand les temps sont durs.

La semaine dernière, j’ai passé le cap des 17 ans sur la route. Jamais une année n’a été à ce point tranquille. On tente de rester patient et philosophe, mais y’a des soirées où le goût de tout plaquer se fait sentir.

Dimanche dernier par exemple, je tourne pendant près de deux heures avant de me convaincre d’aller attendre sur un poste. Au moins là, je ne brûlerai pas d’essence pour rien. Patiemment, j’attends encore près d’une heure. Lentement, j’avance premier dans la file et j’attends encore et encore. Finalement, on appelle enfin le poste. Je note l’adresse qu’on me donne et démarre le taxi pour me rendre compte que la batterie est à plat. Je perds l’appel et perds encore de nombreuses minutes à attendre qu’un confrère avec des câbles à survoltage daigne venir m’aider. Je lui donne 10$ et me retrouve encore là, à plat.

Quelques minutes plus tard, une passagère se présente et veut que je la conduise à quelques blocs. Elle aurait bien marché, mais elle a mal à un pied. Je suis loin de prendre le mien quand elle me donne à peine 15 sous de pourboire. Résultat pour les dernières trois heures et demie, 3 dollars dans le rouge.

Le reste de la nuit va aller dans le même sens. Je vais me faire passer un faux 20$, une femme va me raconter une salade toute garnie pour ne pas me payer, les appels se feront rares et se feront voler par des confrères affamés. La joie…

Hier soir j’ai fait 30 dollars pour 10 heures de travail. Je me demande parfois si ce ne serait pas plus payant pour moi de me trouver un coin de rue pour mendier.

Mais bon, quand je vois la file d’attente pour la soupe populaire au carré Berri qui s’allonge jour après jour, je réalise que je suis encore privilégié de faire la rue bien au sec. Je tente de me convaincre que le meilleur reste à venir et que l’hiver qui s’en vient va m’apporter un peu plus de beurre sur le pain.

Je pense aussi à ces Êtres qui le passeront dehors.

Ça aide à passer à travers la nuit.

Léo de la Main

Ce matin dans les pages Arts et Spectacles de la Presse, on présente une belle initiative mise en place par la journaliste Chantal Guy. Elle a invité quelques écrivains à s’inspirer de l’actualité pour plonger au coeur de la fiction. Ça me touche particulièrement, car j’ai eu l’insigne honneur de recevoir cette invitation.

Ce mois-ci sur cyberpresse.ca, vous retrouverez les quatre premières nouvelles dont celle de mon amie Caroline Allard (aka Mère Indigne), celle de Dominique Fortier (auteure du roman : Du bon usage des étoiles) et pour débuter le tout, vous retrouverez dès aujourd’hui : Un squeek et deux gros bangs de Stéphane Dompierre.

En ce qui me concerne, je me suis inspiré du sort incertain et des inéluctables transformations que subira le boulevard Saint-Laurent pour écrire une nouvelle qui s’appelle : Léo de la Main. Avant de vous laisser avec un petit extrait, je tiens à remercier sincèrement Chantal Guy et la Presse pour cette opportunité.

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— Y’a un endroit en particulier où vous voulez que je vous dépose sur la Main?

— Ça fait un sacré bout de temps que je n’y ai pas mis les pieds. Qu’est ce qu’il y’ a de bon de ce temps-là?

— De bon? De bon? Ça dépend de ce qu’on recherche?

Le chauffeur laisse sa phrase en suspend, dans l’attente d’une réponse de son passager. Ce dernier reste pourtant silencieux. Son regard s’est tourné vers les trottoirs, mais les images qui défilent dans sa tête lui viennent d’un passé depuis longtemps révolu.

Assis sur la banquette arrière du taxi, Léo Patenaude fait un voyage dans le temps. Il tente de calculer le nombre d’années qu’il n’a pas mis les pieds sur ce boulevard qui a fait de lui ce qu’il est devenu. À une certaine époque, il en connaissait tous les racoins. Les petits bordels, les maisons de jeu, les bars clandestins, rien dans le Red Light n’était un mystère pour lui. Il savait les noms de toutes les personnes qui gravitaient dans sa périphérie. De la plus illustre vedette de cabaret au plus petit concierge de casse-croûte en passant par les piliers de taverne, les chefs de la pègre, les policiers corrompus, les filles de joie, les musiciens de Music-Hall, les vendeurs d’opium et ceux de hot-dog du Montréal Pool Room. Autant de visages et de souvenirs qui se bousculent dans la tête de Léo.

Une course au Saguenay

Juste quelques mots pour vous informer que je serai présent au Salon du livre du Saguenay-Lac-St-Jean qui se déroule ce week-end. Si vous êtes dans le coin, venez me rencontrer, je me ferai un plaisir de vous dédicacer Un Taxi la Nuit. Je serai au stand du Septentrion (#60) ce samedi de 14 h à 15 h et de 20 h a 21 h dimanche de 12 h 30 à 14 h. C’est un rendez-vous.

MAJ– Je serai de plus en entrevue à la Radio du livre le dimanche 3 octobre entre 12h et 12h30. Cette entrevue sera réalisée devant public à la Place des médias et diffusée à Class Radio 104,9.