Léo de la Main

Ce matin dans les pages Arts et Spectacles de la Presse, on présente une belle initiative mise en place par la journaliste Chantal Guy. Elle a invité quelques écrivains à s’inspirer de l’actualité pour plonger au coeur de la fiction. Ça me touche particulièrement, car j’ai eu l’insigne honneur de recevoir cette invitation.

Ce mois-ci sur cyberpresse.ca, vous retrouverez les quatre premières nouvelles dont celle de mon amie Caroline Allard (aka Mère Indigne), celle de Dominique Fortier (auteure du roman : Du bon usage des étoiles) et pour débuter le tout, vous retrouverez dès aujourd’hui : Un squeek et deux gros bangs de Stéphane Dompierre.

En ce qui me concerne, je me suis inspiré du sort incertain et des inéluctables transformations que subira le boulevard Saint-Laurent pour écrire une nouvelle qui s’appelle : Léo de la Main. Avant de vous laisser avec un petit extrait, je tiens à remercier sincèrement Chantal Guy et la Presse pour cette opportunité.

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— Y’a un endroit en particulier où vous voulez que je vous dépose sur la Main?

— Ça fait un sacré bout de temps que je n’y ai pas mis les pieds. Qu’est ce qu’il y’ a de bon de ce temps-là?

— De bon? De bon? Ça dépend de ce qu’on recherche?

Le chauffeur laisse sa phrase en suspend, dans l’attente d’une réponse de son passager. Ce dernier reste pourtant silencieux. Son regard s’est tourné vers les trottoirs, mais les images qui défilent dans sa tête lui viennent d’un passé depuis longtemps révolu.

Assis sur la banquette arrière du taxi, Léo Patenaude fait un voyage dans le temps. Il tente de calculer le nombre d’années qu’il n’a pas mis les pieds sur ce boulevard qui a fait de lui ce qu’il est devenu. À une certaine époque, il en connaissait tous les racoins. Les petits bordels, les maisons de jeu, les bars clandestins, rien dans le Red Light n’était un mystère pour lui. Il savait les noms de toutes les personnes qui gravitaient dans sa périphérie. De la plus illustre vedette de cabaret au plus petit concierge de casse-croûte en passant par les piliers de taverne, les chefs de la pègre, les policiers corrompus, les filles de joie, les musiciens de Music-Hall, les vendeurs d’opium et ceux de hot-dog du Montréal Pool Room. Autant de visages et de souvenirs qui se bousculent dans la tête de Léo.

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9 réflexions sur “Léo de la Main

  1. Plus de Pierre-Léon, ça ne peut qu'être mieux !Je suis au deux tiers du tome 2 de UTLN…je ralenti mon débit. Je prévois une période de manque…À quand le tome 3 ?Merci de mettre de si jolis mots à cette histoire d'amour que je vis également.Bonne semaine

  2. Bonjour et merci pour cette prose délicate. J'ai passé ma journée d'hier à lire avec délices le blog de votre amie Caroline Allard que je venais de découvri… Et ce matin, c'est le vôtre qui a reçu toute mon attention (et le premier qui dit que je suis payée à ne rien faire va m'entendre!)Deux canadiens, deux humains qui me ressemblent un peu, ça fait du bien!Bon, j'y retourne, car je ne connais pas Montréal et grâce à vous P-L, je visite à distance! Merci encore!

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