17 Dodos

Avant le lancement !

Si vous ne pouvez attendre, allez sur le site de Hamac-Carnet et cliquez sur lire un extrait.
Ça va vous donner une petite idée du résultat final. Mais pour le reste, va falloir attendre jusqu’au 16 mars. Ça va me laisser juste assez de temps pour soigner ma calligraphie. Question de vous dédicacer ça comme du monde! 😉

Voilà le travail !

Je lève enfin le voile sur la couverture!
Plus que quelques semaines avant la parution.
Ces jours-ci, on y jette l’encre.
240 belles pages de beau papier recyclé sur lesquelles
vous allez bientôt vous tremper les yeux.
Bande de chanceux! 😉

Vous aimeriez en savoir plus?
Vivez l’aventure et celle des principaux protagonistes
sous la couverture.
Aujourd’hui, je m’y livre.
N’hésitez pas à y laisser vos commentaires.
A+

Le hasard fait bien les choses

Le week-end dernier, le radio-taxi m’a laissé tomber. Un mauvais contact dans le filage a fait en sorte qu’écouter la répartition d’appel est vite devenu un véritable calvaire.
Je l’ai donc éteint et me suis mis à arpenter la ville au hasard des clients. Je me suis mis à errer comme ça faisait longtemps que je l’avais fait. J’ai laissé libre cours à l’aléatoire de la route.

Quel bonheur! C’est comme si je m’ôtais la pression du client à tout prix. Pas d’obligation de retourner au poste ni celle de rouler en malade pour ne pas me faire voler mes appels. Ça m’a amené dans des secteurs de Montréal que je ne fréquente guère, et tout à coup, je me suis mis à redécouvrir ma ville. Sans calcul, sans nécessité.

J’ai beau aimer le travail que je fais, ça reste néanmoins un travail. On s’installe dans une petite routine crasse et lentement on s’enfonce dans les mêmes habitudes. À force, on vient qu’on ne se rend même plus compte des choses qui nous fatiguent. Ces litanies de chiffres, de numéros, d »adresses, répétées ad nauseam, nuit après nuit, après nuit. Suffit de ne plus les entendre un soir pour réaliser à quel point ça nous prend la tête.

Bizarrement ce mauvais contact, m’a allumé sur de nouvelles perspectives. C’est comme si cette propension à tourner en rond subissait une révolution.

L’envie de me réapproprier la ligne droite, celle de fuite.

Une redéfinition de la liberté.

Ça glisse au pays des merveilles

Moi qui pensais faire la passe pour la Saint-Valentin, on repassera!

Un grand désert polaire, sur la banquette arrière! Rien à signaler! Pas de grandes déclarations, pas de mots doux, pas de baisers passionnés, pas de tuques qui revolent, rien, nada, que dalle!

En fait le seul couple que j’ai embarqué qui en avait l’air d’un, avait tellement de linge sur le dos, qu’il aurait fallu que je monte à Chibougamau pour leur laisser le temps de tout ôter.

Pourtant, tous les éléments s’y prêtaient! C’était tellement beau cette petite neige fine qui tombait! Bon j’admets que c’est plus « cute  » assis dans le taxi que d’attendre le bus pendant une demie-heure avec le vent dans face, mais quand même? C’était le soir de la Saint-Valentin ou quoi?

Et toi mon Léon? Et toi? Entends-je?

Vous me connaissez, étant un grand romantique qui fond presque aussi vite que le Groenland devant une belle femme, j’ai mis mes culottes et me suis tapé un trip à trois.

Avec mes essuies-glaces…

Ça a brassé pas à peu près. Ça y allait par là, c’est moi qui vous le dis! J’ai multiplié les allées et venues en m’acharnant surtout sur la lame de gauche, mais croyez-moi que celle de droite y a goûté aussi, même que je me demande si elle va s’en remettre la pauvre! Mes culottes en sont encore moites de satisfaction. Méchantes effusions. Je vous le dis, un vrai massacre!

Mais bon, trêves de balivernes, je sais pertinemment que vous êtes tous-toutes là, pour une belle histoire d’amour et la voici :

J’arrive devant la porte de l’adresse qu’on m’a répartie et je vois cette fille par la grande fenêtre du salon déjà prête à venir me rejoindre. Quand elle arrive au taxi, elle a dans une main une grande cage avec un chat, puis de l’autre elle tire sur une traîne-sauvage en plastique. Je m’empresse de sortir du véhicule pour l’aider et m’empare du traîneau que je vais porter dans le coffre pendant qu’elle installe minou sur le siège derrière moi.

— Ça vous dérange pas le chat? Demande-t-elle.

Déjà en partant, elle m’ôte toutes velléités de vivre une grande aventure. Quand on me sort le vous, c’est que mon chien est mort.

— Non pantoute, j’adore les chats. J’vous amène où? J’veux dire toi et ton chat.

— Pas très loin, mais, je trouvais qu’il faisait trop froid pour revenir avec le traîneau.

— Euh attends, tu veux dire que t’as fait l’aller avec la cage du chat sur le traîneau? Ça fait quand même pas loin de cinq kilomètres comme marche…

— Ouain, mais cet après-midi avec la neige qui tombait, je trouvais que c’était une bonne idée.

— Pis ton chat a l’habitude que tu lui fasses faire des promenades de ce genre?

— Pas vraiment, mais c’est parce que ce soir il avait un rendez-vous.

— Ah fallait que t’ailles chez le vétérinaire…

— Non, non, il avait un rendez-vous avec sa nouvelle amie.

Je me retourne vers elle avec un air pour le moins dubitatif, car elle se met à rire.

— Tu veux dire que ton chat avait une « date » de la Saint-Valentin avec sa nouvelle petite amie pis que tu l’as traîné jusque-là?!

— Ben oui!

— Wow! Pis ils se sont amusés les minets?

— J’pense que oui, on les a laissés dans une chambre tout seuls, ça miaulait pas pire un moment donné! On va savoir si ça a bien été dans 9 semaines à peu près. C’est romantique non?

— Un vrai conte de fées!