Des ménagements

Ces dernières semaines furent bien remplies. Pendant qu’on vidait le bungalow, je faisais le plein. Pendant qu’on remplissait des boîtes, je faisais le vide. Paraît que c’est dans l’ordre naturel des choses, les sages diront qu’il y a toujours un équilibre qui se fait dans la vie.

La mienne fut remplie de détours hasardeux. Un parcours bien sinueux et parfois même sinistre. Malgré mes égarements, j’ai toujours pu compter sur ma famille. Dans les moments les plus difficiles, je savais que quelqu’un quelque part continuerait, sans jugement, sans ménagement de croire en moi. Ma mère.

Ces dernières semaines furent remplies d’émotions de toutes sortes. Des larmes, mais de grands éclats de rire aussi. Beaucoup de souvenirs sont remontés à la surface. Certains ont pris le bord du chemin, d’autres s’empoussiéreront en d’autres lieux. Mais les souvenirs les plus importants, ceux qui comptent vraiment, continueront de vivre dans ma tête et dans mon coeur. Ils ne sont pas près de déménager.

Blogu’Or 2008

Un Taxi la Nuit a été mis en nomination pour les Blogu’or 2008 dans la catégorie meilleur blogue sérieux. Je suis à la fois honoré et honteux. Honoré de constater qu’il y a toujours des gens qui apprécient ce que je fais et qui ont posé ma candidature mais honteux de ne pas avoir relevé cette nomination à temps pour vous en faire part. Effectivement, la période pour voter est terminée. Ça ne fait pas tellement…Sérieux. Ne me reste qu’à vous convier au Gala concocté par La Fêlée et L’Alcolo. Ça promet !

Mise à jour: Je remercie chaleureusement tous ceux qui ont voté pour Un taxi la nuit. Je suis sincèrement flatté et heureux d’avoir remporté ce Blogu’Or. Chapeau à La Fêlée et L’Alcolo pour le temps investi dans ce projet de fou! J’ai l’impression qu’on va jaser longtemps de ce fameux Gala! Merci aussi à Jacinthe d’avoir eu la gentillesse d’accepter le prix en mon nom. Longue vie aux Blogu’or ! À l’année prochaine!


Gazons

Cette semaine, mon attaché de presse me lâche un coup de fil pour une entrevue à la télé. Dans ma tête ça dit : Super! Je vais faire le plein de nouveaux lecteurs! La pédale au plancher pour parler de littérature et de l’essence qui anime la blogosphère.

— C’est pour une table ronde. Une discussion à propos de la hausse du prix du gaz.

—…

— Qu’est-ce que je dis à la recherchiste de l’émission?

— Que j’n’ai pas de char pour y aller.

N’empêche que ça aurait pu être drôle. Imaginons la scène :

Une animatrice qui carbure
Un journaliste qui a du galon.
Un représentant des pétrolières avec du sans-plomb dans la tête
Un écolo de libre-service
Moi

Après un rapide tour de table arrive mon tour :

Animatrice : « Monsieur Lalonde, chauffeur de taxi, j’imagine que l’augmentation vertigineuse du prix de l’essence vous concerne grandement? »

Moi décontracté : « Ben là présentement, ça m’affecte pas pentoute, je travaille pas.»

Animatrice dubitative : « Euh oui, d’accord, mais de quelle manière pensez-vous que ça peut affecter l’industrie du taxi? »

Moi ayant l’air de réfléchir : « J’pense que mes confrères doivent être pas mal pompé. »

Le monsieur des pétrolières de l’autre côté de la table en profite alors pour échapper un petit gaz nerveux, l’animatrice quelque peu déconcertée a un sourcil qui se soulève. L’écolo de libre-service attend son tour et le journaliste galonné se racle la gorge.

Moi embrayant en seconde : « Sérieusement, je crois que mes confrères doivent manger leurs bas et si je peux me permettre j’ai bien hâte de revenir manger les miens avec eux. »

Profitant du silence je passe en troisième et enchaîne : « J’pense que c’est une bonne chose que le prix du gaz augmente. »

Le silence serait total ne serait-ce du gloussement de monsieur sans plomb.

Moi passant en quatrième vitesse : « Non c’est vrai! Si le prix du gaz peut décourager le plus de monde possible d’avoir des chars pis surtout des gros 4X4 qui consomment sans bon sens, ça sera toujours ça de pris. Je crois que de plus en plus de gens vont se mettre à changer leurs habitudes, prendre un peu plus les transports en commun puis un peu plus de taxis. Au bout du compte, j’ai le sentiment qu’on va y gagner. Moins de trafic, plus de clients et pu un maudit chauffeur de taxi qui chiale! Que demander de plus? »

Moi sentant que tout le monde veut que je poursuive passe sur l’overdrive : « Les ressources en pétrole s’amenuisent, on fait même la guerre pour s’en procurer. Ne faut pas s’attendre à ce que les prix baissent. Je sais que les automobilistes en ont ultramarre. Tout le monde est au courant que les pétrolières sont de mèche. Elles contrôlent le prix à la pompe. Mais est-ce aux grosses compagnies qu’il faut s’attaquer ou à nos habitudes en tant que consommateurs? Je vous le demande? »

Animatrice sur le neutre : « Passons à la pause. »

Pendant qu’une publicité de voiture passe sur les ondes, des gens sortent des coulisses pour venir me dire que ça ne va pas du tout! Ce n’est très certainement pas le discours qu’un chauffeur de taxi qui se respecte devrait tenir! Je veux bien m’expliquer, mais monsieur sans plomb et le bobo écolo viennent en même temps prendre ma défense. Pendant que monsieur galon évalue la situation et que l’animatrice replace sa coiffure, j’en profite pour filer côté jardin et pars déjeuner sur l’herbe.

Prix des Libraires 2008

J’offre mes sincères félicitations au lauréat 2008 du prix des libraires, monsieur Rawi Hage pour son roman Parfum de poussière. J’ai appris que l’écrivain a été pendant quelque temps chauffeur de taxi à Montréal ! Comme quoi, les grands esprits se rencontrent. 😉 J’ai bien hâte de lire son ouvrage.

J’ai passé une soirée mémorable en compagnie de ma famille et de quelques amis dans lesquels j’inclus les gens des Éditions du Septentrion… Encore mercis à vous. Mon moment fort de la soirée fut sans aucun doute la lecture à trois voix du billet : 12 heures en taxi. Un beau cadeau offert par Catherine Trudeau, Serge Bonin et Hugo Turgeon accompagnés en musique par Benoît Rocheleau. J’ai cru entendre, qu’on a pris ce moment en images, je vous l’offre volontiers dès que je pourrai.

Pour le reste, de belles rencontres avec des amoureux des livres et des mots. Je salue au passage les libraires à qui j’ai serré la pince. Bon courage pour la prochaine cuvée…

1000 Mercis

Ce soir, le prix des libraires sera décerné. Je suis à la fois fébrile, détaché, nerveux, placide, en fait j’sais plus trop.

Je l’ai dit et je le répète, la nomination d’Un Taxi la Nuit pour le prix des libraires fut pour moi une très grande surprise, un honneur inespéré. Mais je serai franc, que je remporte ou pas m’importe peu. En ce qui me concerne, comme pour le reste, l’important ce n’est pas l’arrivée. C’est le chemin qu’on emprunte pour s’y rendre. N’empêche que je n’aurais jamais pensé que le taxi me ferait faire un aussi beau voyage…

Au risque de paraître redondant, je veux exprimer ma gratitude envers les gens qui m’ont accompagné dans ce périple.

Je tiens à remercier ma mère Pauline. Son courage est ma première source d’inspiration. Merci à ma famille et mes amis. Le métier que je pratique fait en sorte que, je ne suis pas auprès de vous, aussi souvent que je le voudrais. Merci à Chantal, Loup, India et Daniel. Merci à toi mon vieux Luc. Merci à Linda, Boris, Chris-Isaac, Morgane, Fiona, Nathalie et Cayen. Je vous embrasse tous bien fort. Gros merci à Stéphanie Côté pour son aide, ses conseils et sa patience. Merci aux «Odépistes» pour le support ludique et moral. Mercis particuliers à Geneviève Lefebvre, Michel Dumais, Patrick Lagacé, Sophie Bernard, Patrick Dion et Dominic Arpin pour les bons mots qu’ils ont eus pour Un Taxi la Nuit le blogue. Spéciales dédicaces pour mon ami Denis Lord qui a signé ma préface et pour ma compagne d’édition Caroline Allard qui est devenue au fil des mois, la plus «indigne» de mes amies. 😉

Ça va évidemment de soi que je remercie les gens des éditions du Septentrion. Tout d’abord la directrice de la collection Hamac-Carnet, Adeline Corrèze. C’est elle qui à eu le flair, qui a vendu l’idée que le blogue pouvait passer de l’autre côté de l’écran. Gros mercis à mon éditeur Gilles Herman et à toute l’équipe qui l’accompagne. Sophie Imbeault, Éric Simard, Carole Corno, Pierre-Louis Cauchon et une salutation particulière à monsieur Denis Vaugeois.

Je voudrais aussi faire un salut particulier à Marie-Hélène Vaugeois. Elle n’a jamais hésité pour faire la promotion d’Un Taxi la Nuit auprès de ses consœurs et confrères libraires. Je suis sincèrement reconnaissant.

Et surtout, encore et toujours, milles mercis aux internautes et blogueurs qui ont fait d’Un Taxi la Nuit, ce qu’il est. C’est grâce à vous que le livre a vu le jour. C’est grâce à vous que le voyage se poursuit et c’est vous tous qui m’offrez la meilleure des récompenses en venant ici jour après jour posez vos yeux sur mes mots…

Merci, merci de tout cœur!

Montréal ma muse

J’ai délaissé ma banlieue temporaire pour quelques jours.

Elle me manquait.

Lorsque je la quitte trop longtemps, c’est elle qui me roule. Je tourne à vide, je tourne en rond. J’avais besoin de l’effleurer. De la sentir frémir. J’en ai profité pour m’en abreuver, pour m’étourdir en elle. Une dose suffisante pour me faire patienter encore quelques semaines.

La vie nous entraîne parfois sur des chemins de travers, sur des voies de services. Faut de temps en temps savoir éviter de se faire dépasser par les événements, avoir les priorités adroites.

N’empêche qu’il me tarde de reprendre la route et de refaire mes nuits en sa compagnie. Il me tarde de la retrouver, de la reprendre entièrement et de l’arpenter dans ses belles langueurs.

Il me tarde de revenir m’inspirer de son souffle.