Au voleur!

Je viens d’apprendre de la part d’un contact Flickr que TVA a utilisé cette photo dans un de leur reportage… Je me demande quel genre de recours ai-je, en ce qui concerne mes droits d’auteur? Que feriez-vous à ma place?

Mise à jour — Il semblerait à la lecture des derniers commentaires et de quelques courriels reçus, que l’affaire va se régler amicalement. Tout porte à croire qu’il y a un recherchiste quelque part qui y est allé un peu trop vite sur le copier-coller… Mon intention de départ était de dénoncer ce genre de pratique. Je n’ai pas l’envie ni l’énergie pour partir une croisade contre Canoe ou qui que ce soit. Mais bon, si ça se trouve on sera plus prudent à l’avenir chez nos « petits amis » de Quebecor… Du moins je l’espère!

Merci à tous d’avoir pris le temps de m’éclairer sur la chose! Je reviendrai pour vous dire comment l’affaire évoluera et je l’espère se conclura. Bon je retourne à mes vacances… 😉

C’est le temps des vacances

Roum dum dum wa la dou…

Ne faut pas se prendre la tête à deux mains sur Papineau pendant l’heure de pointe pour se rendre compte que c’est le pire temps de l’année pour circuler en ville.
Les travaux, les festivals estivaux, les déménagements, le beau temps, les touristes (ceux qui s’promènent là!) et quoi encore? Ah oui, les ventes trottoirs, les feux d’artifice, les feux tout court (me semble qu’il y’a toujours quelques promot… pyromanes en action dans le quartier Saint-Henri), bref, les raisons ne manquent pas pour qu’un gros nuage de smog plane en permanence au-dessus de Montréal.

Le chauffeur de taxi est fatigué. Je prends le détour des vacances. Je parque le taxi pour un mois. Minimum! Han! Un chauffeur de cab peut se permettre ça?! Ben en se tapant 60 heures semaine le reste du temps, oui.

Or donc, les activités sur UTLN risquent d’être perturbées. Mettons que je vais lever le pied un peu. Peux-je? Pfiouuuu!

A bientôt et un bon été à tous, toutes… xx

Ma patrie est à terre

— Z’êtes québécois M’sieur?

Je viens d’embarquer ce kid dans le quartier de la pointe Saint-Charles. Il a un look vaguement hip-hop avec une casquette défraîchie de travers sur la tête. Il porte un vieux jean sale et une camisole de basket d’une équipe que j’ne connais pas. Il porte aussi sur lui une odeur de « skunk » typique des gros fumeurs de « pot ». Il veut que je l’amène à Verdun pour le spectacle de Robert Charlebois.

— Ben oui j’suis québécois comme tu dis.

— C’est rare qu’on embarque dans un taxi astheure pis qu’c’est un vrai québécois qui chauffe.

— Un vrai québécois? Qu’est-ce tu veux dire par là?

— Ben que ce soit pas une estie d’race là! Un nègre ou un tamoul, tsé veux dire?

Eh! Que je me sens fier d’être québécois quand on me sort ce genre de réplique. Le pire c’est que j’en entends tellement souvent des commentaires xénophobes que je n’en fais presque plus de cas. J’ne dépenserai certainement pas ma salive pour convaincre un sale raciste. Mais ce qui me frustre, c’est que d’emblée, on me considère comme l’un des leurs. J’n’ai pourtant pas le look de « Taxi 22 » ! Ça m’écoeure que l’on me prête des intentions à cause de la couleur de ma peau… D’ailleurs quand j’embarque des immigrés, je sens presque toujours une certaine méfiance. C’est triste.

J’aurais le goût de jouer au cave et d’abonder dans le même sens que mon passager juste pour voir où sa haine va. Mais je n’ai pas envie. Je change rapidement de sujet pour ne pas m’énerver.

— Tu trippes là-dessus Robert Charlebois?

— Pas vraiment. Moi j’aime plus le rap.

— Ah ouain? On vient juste de passer une toune de Loco Locass à radio.

— Bof! Eux aut’ j’les trouve poche. Du rap en français c’est platte.

— Ah! Qu’est-ce t’aime comme groupes?

— Ben Fifty Cents, des affaires de même.

— Mais Fifty Cents, c’est pas un nègre comme tu dis?

— Ouain mais c’est pas pareil.

— Ah! Comment ça, c’est pas pareil?

— Ben j’sais pas genre, lui y’a des bonnes tounes pis toute là! Yé chill!

— (…)

J’me rends bien compte que ça ne servira pas à grand-chose de chercher à débattre avec le jeune. C’est clair qu’il cherche des repères auxquels se rattacher et qu’il est un peu pas mal mêlé. C’est triste.

Alors que la course s’achève y’a « Ent’deux joints » qui me vient en tête…

Mais aussi « Ma patrie est à terre »…

« J’grandis pas j’raptisse
J’dors su’l’banc d’en arrière
J’fais dans une chaudière

J’voudrais ben rouler
Mon bazou est stâlé
J’voudrais ben rouler
Qui, qui veux m’booster
J’sais pus kessé faire
Ma patrie est à terre

J’voudrais ben rouler
Autour de la terre
J’voudrais ben rouler
La tête à l’envers
J’sais pus késsé faire
Ma patrie est à terre

Rouler, rouler, rouler
Rouler, rouler, rouler
Rouler, rouler, rouler
Rouler, rouler, rouler »

(Pierre Harel – Offenbach)

Carpe Diem


J’étire ma nuit de samedi pour profiter de l’éclairage exceptionnel qui éclaire la ville au soleil levant. Ce que j’aime à ces heures du petit matin. Ce sont les rues désertes. On dirait que la ville nous appartient. C’est magique. Le moment idéal pour prendre de bonnes photos.

Alors que j’attends que le soleil se montre pour de bon, je tourne dans Montréal et dans ma tête tourne les impressions de ma nuit. Je repense à mes passagers. Quelles histoires leur transit dans mon taxi peut m’inspirer. Je ressasse mes états d’âme. Les kilomètres s’accumulent et la fatigue sur mon corps est de plus en plus apparente. Mon dos me fait souffrir, ma tête grisonne et ma vue baisse. Je songe que lorsque j’ai commencé à quadriller cette île, les jeunes qui commencent à sortir dans les clubs avaient encore la couche aux fesses. Ça donne un peu le vertige. Ce n’est que la roue qui tourne…

Avant que la fatigue s’installe pour de bon, j’y vais d’un dernier tour de la Catherine, question de prendre quelques ultimes clichés. C’est alors que je croise cette fille de nuit blanche comme le jour qui tout comme moi, achève sa nocturne. On se met à jaser de nos nuits respectives. Elle me parle de ses clients, moi des miens. On parle pour passer le temps, de tout, de rien. On file plein est sur la Catherine, lorsque sur le viaduc qui mène à Hochelaga, le grand cercle diurne nous apparaît sortant du fleuve. Je ralentis le taxi question de bien s’aveugler. Le spectacle est absolument incroyable. J’aimerais m’arrêter pour immortaliser ce jour levant. Mais ma dernière passagère de nuit est à l’heure du couchant.

Je vais la reconduire avec encore dans les yeux ce grand flash orange et reviens sur le viaduc pour m’y arrêter. Le soleil avait monté dans le ciel et le spectacle avait perdu de son charme. Mais je pose quand même l’instant. Un soleil levant rue Sainte-Catherine ! Une autre nuit qui s’achève. Une autre journée qui commence. Et je suis las, sur ce viaduc à cueillir le jour sans me soucier du lendemain.

Petite brise d’été

J’attends depuis plusieurs minutes un appel qui me fera quitter l’endroit où je me trouve.
J’ai l’esprit qui surfe sur un vague à l’âme assis dans mon taxi parqué sur un poste de Saint-Henri Beach.
C’est peut-être la chaleur, c’est peut-être le goût d’être ailleurs. Un petit spleen de début de soirée. Rien de sérieux. Je ne m’inquiète pas.
La soirée qui s’en vient va me confronter avec mon lot de paumés de toutes sortes. Quand on se compare, on se console à ce qu’il paraît.

J’observe les gens qui déambulent sur le trottoir d’en face et essaie d’imaginer ce que peut être leur vie ou juste leur journée. Souvent, l’une ressemble à l’autre.

Une vieille femme qui marche péniblement à l’aide d’une canne s’en vient lentement. À sa rencontre un père tenant son jeune fils par la main. Il vient de lui acheter un cornet que le gamin lèche goulûment en s’en mettant partout. Quand ils arrivent tout près de la pauvre femme qui traîne de la patte, celle-ci s’arrête pour regarder le petit. Son visage s’illumine alors d’un sourire empli de toute la bienveillance du monde. Deux secondes de pure douceur suspendues dans le temps.

Comme une petite brise d’été…