Carpe Diem


J’étire ma nuit de samedi pour profiter de l’éclairage exceptionnel qui éclaire la ville au soleil levant. Ce que j’aime à ces heures du petit matin. Ce sont les rues désertes. On dirait que la ville nous appartient. C’est magique. Le moment idéal pour prendre de bonnes photos.

Alors que j’attends que le soleil se montre pour de bon, je tourne dans Montréal et dans ma tête tourne les impressions de ma nuit. Je repense à mes passagers. Quelles histoires leur transit dans mon taxi peut m’inspirer. Je ressasse mes états d’âme. Les kilomètres s’accumulent et la fatigue sur mon corps est de plus en plus apparente. Mon dos me fait souffrir, ma tête grisonne et ma vue baisse. Je songe que lorsque j’ai commencé à quadriller cette île, les jeunes qui commencent à sortir dans les clubs avaient encore la couche aux fesses. Ça donne un peu le vertige. Ce n’est que la roue qui tourne…

Avant que la fatigue s’installe pour de bon, j’y vais d’un dernier tour de la Catherine, question de prendre quelques ultimes clichés. C’est alors que je croise cette fille de nuit blanche comme le jour qui tout comme moi, achève sa nocturne. On se met à jaser de nos nuits respectives. Elle me parle de ses clients, moi des miens. On parle pour passer le temps, de tout, de rien. On file plein est sur la Catherine, lorsque sur le viaduc qui mène à Hochelaga, le grand cercle diurne nous apparaît sortant du fleuve. Je ralentis le taxi question de bien s’aveugler. Le spectacle est absolument incroyable. J’aimerais m’arrêter pour immortaliser ce jour levant. Mais ma dernière passagère de nuit est à l’heure du couchant.

Je vais la reconduire avec encore dans les yeux ce grand flash orange et reviens sur le viaduc pour m’y arrêter. Le soleil avait monté dans le ciel et le spectacle avait perdu de son charme. Mais je pose quand même l’instant. Un soleil levant rue Sainte-Catherine ! Une autre nuit qui s’achève. Une autre journée qui commence. Et je suis las, sur ce viaduc à cueillir le jour sans me soucier du lendemain.

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11 réflexions sur “Carpe Diem

  1. Salut Pierre-Léon! Que c’est beau, ça réveille des souvenirs de petits matins presqu’oubliés dans ta belle grande ville… Ne laisse pas le vertige des années t’arrêter, c’est ce vertige même qui te rend si passionnant à lire! Et, en plus on le sent tous ce vertige mais ya que toi pour le rendre intéressant!:)

  2. Je crois que c’est la fatigue qui rend le lever de soleil si fort. Moi ca ma faisait coire que autres choses se préparait, que des surprises m’attendait au retour.

  3. Oui… Et aujourd’hui, le lendemain de ta photo, c’est le jour le plus long de l’année. Le Solstice d’été. La fête du feu. À voir la boule embrasée sur ta photo, on ne peut que penser que les lever, et les coucher, de soleil ou de lune, sont des moments uniques et magiques…

  4. Et lorsqu’on se lève assez tôt pour voir ces magnifiques levés de soleil, on a l’impression qu’il se livre à nous pour que nous puissions en disposer à notre guise. C’est probablement pour cela que l’on dit que le jour appartient à celui qui se lève tôt…

  5. Bravo Pierre-Léon! Quelle belle photo et quel beau texte. Ça fais longtemps que je te lis et a chaque fois c’est un vrai plaisir. C’est meme grace a toi que je blog moi aussi! Continu a blogger, tes textes sont géniaux.

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