Histoire d’un soir

Dans un appartement de Québec qui se trouve peut-être dans la basse ville, peut-être dans Limoilou ou encore dans St-Roch, l’histoire ne le dit pas, un homme tient le récepteur du téléphone sur son oreille. Il n’y a pourtant plus personne au bout du fil depuis au moins cinq minutes. Il est presque trois heures du matin et il tente de remettre en place dans son crâne les mots qu’il vient d’entendre. Il se demande s’il rêve encore mais les pleurs de la petite réveillée par la sonnerie le ramène à la réalité et il réalise qu’il nage en plein cauchemar.

Au même moment un couple monte dans un taxi devant un bar de la rue Crescent. La femme aux cheveux roux presque rouges est superbe dans sa robe noire échancrée. Elle a beaucoup trop bu et rit idiotement aux commentaires stupides que l’homme adresse au chauffeur qui les conduit à NDG dans le secteur des motels bas de gamme. Pendant le trajet le couple se pelote sur la banquette arrière et la femme bafouille entre deux baisers comment elle se sent enfin libre et combien il était temps qu’elle fasse le « move ». « Oui bébé, vient ici bébé » lui répond l’homme qui fait un clin d’oeil à l’intention du chauffeur qui regarde de temps en temps dans son rétroviseur.

Peu de temps après, alors que le couple s’envoie en l’air dans le motel et que l’homme à Québec tente de consoler sa fillette, le chauffeur de taxi est revenu à toute vitesse sur la rue Crescent pour le rush de la fermeture des bars. Il fait monter deux hommes qui veulent aller sur le plateau. Ils rigolent et discutent entre eux d’une rousse flamboyante, une amie d’une amie qui est partie avec un pote à eux.

– « Quelle bête ce type ! « 

– « Y’a pas une semaine qu’il n’emballe pas une nouvelle fille!  »

– « Quelle conne cette rouquine!  »

– « T’étais là quand elle a planté son mec au téléphone ? »

–  » J’ai hâte d’entendre la suite de l’histoire ! « 

–  » Tu parles. »

(…)

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23 réflexions sur “Histoire d’un soir

  1. Eh ben ! Un roman savon dans un taxi… Pauvre gars, pauvre fillette… mais aussi pauvre rouquine et pauvre gang de twits qui trouvent ça drôle (je parle des deux amis sur la banquette arrière, là).

  2. « Sans oublier ceux que je commence à peine à connaître et que j’aime tout autant; Artemisia, Intellexuelle, Duggerzzz, l’incroyable “O”, Sonia, le vélo sans petite culotte, Perrasite, Patrick Dion, Patati-Patata, Ness, Tchendoh, le Geek, Die Sterne, Pierre Léon, Philippe-A. et la Célibataire urbaine…, la jolie Mymy 😉 et sa soeur, Nicolas Langelier, Martin Loundge, Dave (aka Jeliel³) et finallement, la Souris !!! Pardonnez-moi pour ceux que j’ai oublié!!!! Je vais vous “linker” la prochaine fois!!! Mais non, je ne t’ai pas oublié Daniel !!!! »Le numérologue sur Horizon

  3. C’est juste que… J’ai connu suffisamment d’individus jusqu’ici pour ne pas sauter trop vite sur les conclusions, à propos de gens dont on ne sait rien de l’histoire.Certaines femmes peuvent être des monstres… et quantité d’hommes surtout.Alors, le cocu dans cette histoire de même que la dame, on va attendre la suite de l’histoire avant de se prononcer…Reste la « petite » qui n’a sans doute rien à se reprocher. Et l’épais dragueur et ses deux accolytes. Ça on peut se faire une idée.

  4. JE dirais comme Chroniques Blondes : Pierre Léon, j’adooooore, j’adore, j’aime, raide dingue de ton blogue.Pierre-Léon, je te l’ai déjà dit, fais-toi publier! C’EST UN OOOORDRE!!!Salut génie écrivain!Yan

  5. Des fois j’aimerais ça croire que j’ai lu ou imaginer ce genre d’histoire sous l’effet de la drogue, mais ça l’air que ça se produit vraiment.Des fois j’aimerais ça être encore un ti cul pis qu’on me dise ben non c’est pas vrai, ça n’arrive pas ce genre d’histoire là.Réveil ti gars, envoye réveil …

  6. Moi ce qui me chicotte, c’est comment tu as su que la rouquine (donc le mec qui se fait domper à Québec) a une petite fille?Tu l’as inventé ou bien tu l’as entendu?Raconte!

  7. @ Brem C’est une histoire dans une histoire qui en provoquera sans doute d’autres… Parfois entre les lignes et les mots non-dit, il y a d’autres histoires qui se cachent… Tu veux savoir la fin ? Mais qui peut savoir? Ce ne sont que des facettes que je façonne. A chacun sa façon d’en découvrir les facettes…Merci pour vos bons mots.

  8. Aie Léon, lire cette histoire c’est comme regarder un film, tu écris tellement bien.Si un jour je fais des films je prendrais bien un de tes scénarios tellement je les vois dans ma tête.C’est simple, mais tout y es, je le verrais dans les tons de bleu.GamH

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