L’heure de désapointe

Je remercie le Journal de Montréal qui m’a demandé d’inaugurer hier, une nouvelle section dans leurs pages laissant la parole (plume) à des blogueurs d’ici. Une bonne idée et surtout une belle vitrine pour les nombreux talents qui sévissent sur la blogosphère québécoise.

Voici pour ceux qui l’aurait manqué, voici le texte paru hier dans le journal. Pertinent en cette journée : En ville sans voiture.

Bonne lecture et bonne marche… 😉

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Je suis avec un client pressé qui ne veut pas manquer son vol et il est loin d’être au septième ciel. Il pousse de grands soupirs et stresse sans bon sens. Je comprends qu’avec toutes ces nouvelles vérifications dans les aéroports c’est pas évident, mais l’homme aurait dû prévoir que cinq heure et demi c’est pas le meilleur temps pour être en retard.

C’est l’heure de pointe et la 20 ressemble à un gros parking. Ça avance au compte-goutte et je ne suis même pas encore à l’échangeur Turcot. Encore chanceux que mon client profite du tarif fixe pour la course. À ce rythme le prix au taximètre serait beaucoup plus élevé. Comme d’habitude il n’y a qu’une seule personne dans plus du trois-quart des véhicules. Je ne suis pas au meilleur endroit pour apprécier les vertus du transport en commun ni celles du covoiturage. Sur l’autoroute des Laurentides on a aménagé il y a quelques années une voie réservée pour les autobus, les taxis et les autos où se trouvent au moins deux personnes. Une idée qui devrait faire beaucoup plus de chemin. Ici, la configuration ne le permet pas. Y’a pas de miracle, Ville-Marie et Décarie se vident sur une autoroute qui réduit d’une voie un peu plus loin à l’approche de l’accès pour le pont Mercier. Conçu dans les années soixante le système autoroutier montréalais est depuis longtemps obsolète. Ça fait combien d’années qu’on promet une autoroute de contournement à l’extérieur de l’île? Ces convois de camions qui n’ont pas le choix d’entrer en ville sont de trop dans le décor. Ça alourdit le trafic sans commune mesure et l’impact environnemental est aussi lourd de conséquences.

C’est ce que je tente d’expliquer à mon passager qui semble beaucoup plus intéressé par sa montre. J’aurai beau faire mon gros possible pour prendre la voie qui avance le plus vite, c’est clair que je fais parti de la raison de son retard. À la radio, le chroniqueur à la circulation parle d’importants ralentissements sur tout le réseau et dans mon rétroviseur je regarde mon retardataire grimacer.

C’est de peine et de misère qu’on arrive enfin à l’aéroport Trudeau où c’est évidemment la cohue. J’aide mon client avec ses bagages. Il doit être en classe économique car il ne me donne pas une maudite cenne de pourboire. Mentalement, je lui souhaite une fouille en règle, de celles qu’on ne se sert pas de gants blancs, je prends mon mal en patience et je retourne dans mon taxi jouer dans le trafic.

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8 réflexions sur “L’heure de désapointe

  1. Je voyage en ville en voiture, en covoiturage avec mon conjoint. Et chaque matin, ça m’enrage. Ça m’enrage de voire des gens seuls dans leur voiture. Des gens seuls dans des 4 X 4. Ou dans des utilitaires sports…

  2. vive le transport en commun………ca réduit l’effet de serre et embourbe moins les chemins :)quoique je prendrais bien ton taxi une fois de temps en temps pour te jaser cela un peu

  3. Cool!On peut blamer le JDM sur bien des affaires, y compris les blogs et comment ils les gèrent. Mais coté ouverture sur le monde, sur les blogs et autres, je trouve qu’ils sont une longueur d’avance. Je pense au barman et a la celibataire. Mais toi aussi, tu ferais un bon personnage (urbain) pour le journal.C’est qq dizaines de coches au dessus des chroniques de Michel Beaudry disons…

  4. Félicitations pour cette nouvelle fenêtre dns le Journal de Montréal. Tu aurais pu raconter l’histoire du mec qui t’as assommé et publier sa photo, ça t’aurait fait une jolie vengeance 😛

  5. Tu sais, je fais le trajet Lachute/Montreal a tous les jours. Je n’ai trouvee personne pour le co-voiturage,,,de toute facon, ca a l’air qui a juste moi d’assez cingle pour le faire!!!Alors quand tu parles d’une voie de co-voiturage…ca me fait peter les plombs!!! Parce que la plupart des gens qui empruntent cette voie sont des gens seuls ds leur autos. Et moi, j’ai l’air d’une conne ds l’autre voie qui attends comme une belle cruche comme tout le monde! J’aimerais tellement avoir un cote rebelle routier developpe mais je ne suis pas capable…je suis rebelle sur d’autre point mais pas celui de la conduite. Tu vois, je suis le genre qui laisse passer les gens quand ils mettent leur clignotant, ou quand la voie cede a l’autre cote…Le genre courtoise en tout temps qui se fait claxonner pour ma bonne action comme si deux secondes de leur vie..ca allait faire une difference!!! alors, je prends mon mal en patience, je chante dans mon auto et la rage passe!!! C’est fou comme une petite chanson, ca peut nous changer les idees et passer une certaine forme de …rage!!! Essaie-le…on ne sait jamais!

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