Au nom du père

Il ne se passe pas beaucoup de journées sans qu’il ne revienne à un moment ou un autre dans mes souvenirs. Me viennent en tête, son rire, sa force tranquille, sa modestie, sa patience, son honnêteté, son dévouement et sa tendresse envers les siens. Aujourd’hui, ça fait deux ans que mon père est décédé. Il me manque énormément.

Il disait toujours qu’un travail qu’on doit faire mérite qu’on le fasse bien. Il avait cet amour du travail bien fait et en tirait une grande fierté. D’ailleurs, les meilleurs souvenirs que je garde de lui sont ceux que j’ai passés en sa compagnie sur les chantiers de construction où il m’a appris l’art de la charpente. Au-delà du père, j’ai appris à connaître l’homme au quotidien, dans ses joies et dans ses peines. Je sais qu’il fût très heureux que je sois à ses côtés. Je sais qu’il aurait aimé que je prenne la relève. Pourtant, je n’ai pas poursuivi dans ses traces. L’ouvrage était dur, je n’aimais pas me lever tôt, j’avais la bougeotte et j’avais surtout la tête ailleurs. Pourtant, jamais je ne l’ai entendu récriminer mes choix de vie. Malgré mes pires errances, malgré ma folie, il a toujours été là pour m’épauler. Sans compter. Sans juger.

Au cours de ces deux dernières années, je m’en rends compte maintenant, « Un taxi la nuit » a été plus qu’un recueil de textes. Il a été un exutoire à ma peine. J’ai tenté au fil de ces lignes d’appliquer les préceptes que m’a inculqués papa. Je me suis efforcé d’offrir le meilleur de moi-même dans ces mots, dans ces histoires qui font mon quotidien et qui font dorénavant partie du vôtre. J’y ai mis beaucoup du mien, mais j’ai aussi l’intime conviction que Jean-Paul Lalonde, mon père, m’a accompagné dans cette aventure. Qu’il était là pour m’épauler!

Le destin nous fait prendre parfois de bien drôle de détours. Parfois, il faut pas mal de recul pour continuer à bien avancer. Je sais qu’il aurait été fier de voir son fils publier un livre. Je sais qu’il aurait été fier de le voir accomplir un de ses rêves. « Un taxi la nuit» le livre honorera son nom et sera dédié à sa douce mémoire. Merci le père. Je t’aime.

42 réflexions sur “Au nom du père

  1. Il est rare que je commente vos textes et vos histoires qui sont très belles et très humaines. Vous avez aussi la « chance » de faire le taxi la nuit et de prendre des images magnifiques de notre ville sous les lumières.Mais ce qui m’a fait faire risette aujourd’hui, malgré le texte rempli de nostalgie c’est le nom de votre père qui se trouve petre le même que celui de mon grand-père (feu grand-père) et de mon fils, oui oui, mon fils à peine adolescent porte ce nom. Je sais pas comment était votre père mais en tous les cas, les deux jena-paul que je connaissent sont assez taquinbonne journée, ou plutôt bonne nuit !

  2. Cher Pierre-Léon, ton père était vraiment tel que tu le décris: un homme intègre et fidèle aux siens. Cet hommage te fait honneur et de là où il est je suis sûre qu’il voit ce qui se passe et est fier de son fils.(ils connaisssent enfin ton nom de famille!)Mamali.

  3. Ça y est, je viens de verser une larme. En public. Ce texte, tout simple, est si touchant, si humain sans être inutilement mélodramatique… Très émotif, on voit à quel point tu aimes ton père et le respectes…

  4. Wow, il y a comme une larme accrochée au coin de mon oeil. J’en profite pour te féliciter pour tes écrits, ils m’ont (nous ont) fait vivre beaucoup à travers toi, on homme qu’on ne connaissait pas. J’attends ton livre avec impatience.

  5. j’ai l’impression de m’entendre parler…mon père est loin mais tellement près…j’ai appelé mon blog « zio peppino » en pensant à lui…Giuseppe…zio peppino pour tout le monde…

  6. Qu’il est triste de voir ces commentaires de gens qui avouent ne pas aimer ou ne pas avoir aimé leur père. Sauf très rare exception, il ne peut s’agir que d’une grande incompréhension. Apprendre à aimer ceux qui nous sont proche tel qu’ils sont; c’est l’abc de la vie. c’est fondamentale et souvent ces gens nous aiment mais ne savent pas comment le communiquer.

  7. ah c’est drole que tu parles de ton pere, j’ai justement publié un post la dessus il y a quelques jours. J’adore mon pere et il est loin de moi la moitier de l’année, mais en te lisant je me dis que je suis tout de meme chanceuse!Papa construction aussi! travaillant et inspirant!Bel homage!Julie

  8. Un gros merci Pierre Léon pour toutes ces chroniques. À chaque fois que je me connecte à un taxi la nuit et que je vois que tu nous as écrit une nouvelle histoire je ne la lis pas toute suite…Je regarde la longueur du texte car lorsque j’arrive au dernier paragraphe je savoure chaque mot car je sais que la fin de l’histoire est proche alors je suis certain que vais dévorai ton livre!!Mon père fait partie de la vieille génération où les hommes ne parle pas trop de sentiment et protège leur image paternel mais j’ai eût la chance d’avoir un père qui s’est adapté au temps qui changent et il essaie de se rapprocher comme un vieux chums qu’on a pas vue depuis longtemps. Le temps passe trop vite pour tenir rancoeur au sien alors je profite de mon vieux chums pendant que je peux le faire…Bonne fin de semaine monsieur le chauffeur!!Francis Lévesque

  9. Je cite ce mec qui résume ce que je m’apprêtais à écrire:Marc-André said…Ça y est, je viens de verser une larme. En public. Ce texte, tout simple, est si touchant, si humain sans être inutilement mélodramatique… Très émotif, on voit à quel point tu aimes ton père et le respectes…2/02/2007 11:46 AM-=–=-=—==-==—-Merci d’exister Pierre-Leon.

  10. Nos pères sont toujours présent en nous et comme vous je ne peux que constater à quel point il est présent dans mes écrits. Je continue de vous lire et j’attend le livre aussi.

  11. Tu es le Foglia des blogueurs. Depuis que je connais ton blogue je deviens addict. J’y ai même mis le lien dans le mien. Tu pourrais réellement écrire un livre.

  12. J’ai eu l’impression de me lire. Mon père aurait voulu que je reste en France près de lui, mais il ne m’a jamais reproché mon départ et m’a toujours soutenue. Je n’ai su qu’après sa mort accidentelle qu’il était fier de moi. Quelques jours après ses funérailles, le déclic. Quelques mois plus tard, j’ai quitté mon emploi en PR pour retourner au journalisme. Il ne faut jamais repousser ses rêves, car la vie peut s’échapper sans crier gare, sur un vélo, un dimanche matin. Ironiquement, mon premier texte publié dans La Presse était une lettre sur sa mort, son accident. Je venais de réaliser l’un de mes grands rêves avec la plus grande peine de ma vie…Ce grand chagrin m’a remise sur les rails de mes rêves que je réalise chaque jour depuis. Mon père suit, me regarde et m’encourage. Je le sens. Il est fier. Mais il me manque tellement. Merci Pierre-Léon.

  13. Les traces de mon père sont trop grandes pour moi, ou peut-être seulement trop différentes. Ça fait réaliser qu’on vit un peu tous la même situation et je crois que la plus grande fierté qu’on a a tirer de ça c’est d’être soi-même. Je suis certain que c’est ce que veut notre père à tous, malgré le fait qu’il ne sait pas tjrs l’exprimer…

  14. Je ne sais pas si le rapport au père est si différent quand on est une femme. Le mien, décédé depuis 14 ans, me manque encore cruellement. La seule personne dont je n’ai jamais douté de l’amour inconditionnel. Le premier rapport de séduction d’une fille. Tes mots, encore une fois, m’ont apaisée. Merci, PL.

  15. J’aimerais tellement pouvoir écrire sur ce sujet…mais tout a été dit et si bien dit, que ma voix m’abandonne. Je suis muette et triste. Bonne nuit Monsieur Léon.RomieLe clavier ambulant

  16. C’est tellement beau de voir un homme parler de son père comme tu le fais, ça me touche de voir la tendresse qu’il y a eu entre vous! C’est un lien unique qu’un père a avec son fils et c’est une chance de pouvoir le vivre! Et pour nous, lecteur, un privilège d’en lire l’hommage… Merci monsieur le taxi!

  17. C’est un très beau texte. Merci de nous faire partager cet amour filial, c’est très émouvant.Pour la petite histoire, cela résonne en moi car mon père est charpentier et … je suis ses traces!

  18. Bonjour, je suis journaliste à la télé française, France 2. J’ai découvert votre blog cette semaine, par un copain. Je viens à Montréal Jeudi prochain, pour un reportage sur la société de jeux vidéos Ubisoft.Mais je prépare également un sujet sur les blogs… Voulez-vous faire une balade de nuit pour nous expliquer la raison d’être de votre blog? J’en serais ravi. Emmanuel Lambert.e.lambert@yahoo.frMerci

  19. Pierre Léon… Ton histoire d’amour avec ton père, parce que c’est bien ce que c’est, ressemble à la mienne. J’ai eu des frissons, des larmes aux yeux en te lisant ce matin. Mon père aussi me manque. J’ai hâte de lire ton livre. Peut-être ton exutoire aidera-t-il ma cause?ventdusud.blogspot.com

  20. Salut Pierre-Léon, J’ai lut ton billet avec beaucoup de peine, moi aussi je m’ennuie de mon père qui était dans le coffrage et que j’ai perdu au jeune âge de 10 ans. Aujourd’hui, plus de 16 ans plus tard, je me rapelle de lui mais aussi de ma mère que je viens de perdre, au mois d’octobre, elle aussi… Il me manquent…Mais quand je te lit je me dit que quelque part, on partage tous la même tristesse.

  21. Il y a plein de choses qui surviennent dans ma vie c’est temps-ci et qui me rappellent mon père décédé il y a quelques années.Je ne l’ai malheureusement presque pas connu. Il a pris le risque de revenir dans nos vies quand il a appris qu,il était atteint du cancer du poumon.Les quelques années dont je n’ai pas assez profité (aujourd’hui je m’en rend compte…) n’ont qu’ouvert une porte que je ne pourrai jamais refermer…

  22. Cette date est mienne aussi, pour la perte de mon meilleur ami. Je n’ai pas pu lire tout votre texte car je suis trop émue par la ressemblance des sentiments avec les miens.Cela fait à peine une heure que j’ai découvert votre blog et je suis déjà accrochée… Merci de partager votre vie. Elle me touche et me ralie avec certaines choses…

  23. Milles mercis à tous toutes pour ces commentaires et témoignages. J’étais loin de me douter que ce billet entrainerait une telle réflexion. Ça fait du bien de temps à autre cette belle chaleur humaine… Merci encore.

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